Le gouvernement au chevet de Petroplus

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Le gouvernement au chevet de Petroplus
Le groupe s'est vu refuser l'accès à une ligne de crédit de 1 milliard de dollars.@ MAX PPP
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Le groupe suisse a suspendu l'activité de trois raffineries de pétrole dont l'une en France.

La crise frappe à la porte de l'industrie pétrolière. Vendredi, l'entreprise suisse Petroplus, le plus grand raffineur indépendant de pétrole en Europe, s'est vue contrainte d'arrêter provisoirement l'activité au sein de 3 des 5 raffineries qu'il possède. Celle de Petit-Couronne (Rouen) qui emploi près de 550 personnes est visée par cette mesure. Petroplus serait en manque de liquidités pour acheter du pétrole. Eric Besson, le ministre de l'Industrie et Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Ecologie, demandent des explications à l'entreprise suisse.

Négociations avec les banques

Le raffineur a indiqué dans un communiqué que les négociations engagées avec ses banques allaient se poursuivre dans les prochains jours, après une première série d'entretiens jugés "ouverts et constructifs". L'objectif de ces discussions est de débloquer l'argent nécessaire au fonctionnement du groupe, qui s'est vu refuser l'accès à une ligne de crédit de 1 milliard de dollars, octroyée par treize banques internationales.

Suite à ce refus, annoncé le 27 décembre, l'action Petroplus a dégringolé à la Bourse suisse, les agences ont abaissé la note du groupe et de vives inquiétudes se sont manifestées quant à ses chances de survie. Dans un communiqué, Petroplus a souligné que le redémarrage des raffineries arrêtées "dépendra de la disponibilité du crédit et des conditions économiques" en Europe. Les trois banques françaises, faisant partie du consortium, se sont déclarées prêtes à financer le groupe suisse à condition que les autres banques suivent.

"L'objectif est que la raffinerie reparte"

Le gouvernement français se mobilise, lui, et réclame des éclaircissements auprès de l'entreprise suisse. "L'industriel devra faire la démonstration qu'il dispose toujours des capacités techniques et financières d'exploiter la raffinerie de Petit-Couronne", a mis en garde Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Ecologie. La ministre a ajouté qu'en l'absence de réponse ou si la réponse était jugée insuffisante, l'administration pourrait prendre la décision de suspendre "à titre conservatoire" l'activité. "En pareil cas, on peut alors demander que le brut et les produits finis restent sur place pour reconstituer les garanties financières", a-t-elle expliqué. Toutefois, la ministre a voulu rassurer les salariés de Petit-Couronne : "l'objectif est bien que la raffinerie reparte", a-t-elle dit.

Quant au ministre de l'Industrie, Eric Besson, il va rencontrer en début de semaine prochaine Jean-Paul Vettier, le PDG de Petroplus. Il s'agira de "faire le point sur la situation du groupe, et plus particulièrement sur les perspectives concernant le site français de Petit-Couronne", indique un communiqué commun du ministre de l'Industrie et de celui de l'Economie, François Baroin.

"A quelle sauce on va être mangé"

Du côté des syndicats, l'inquiétude est palpable. "On ne sait toujours pas à quelle sauce on va être mangé, si on ferme ou si on va être maintenu", a affirmé Yvon Scornet, délégué CGT à Petit-Couronne. "Pour l'instant, on ne bouge pas, on continue le mouvement de blocage des produits finis qui nous servent de monnaie d'échange éventuelle", a-t-il ajouté.
Les salariés français ont obtenu que leurs salaires de décembre soient payés alors que cette question inquiétait nombre d'employés. Nicolas Vincent, de la CGT confie : "On s'est battu jusqu'à tard hier (jeudi)".