Le général Bigeard aux Invalides

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Le général Bigeard aux Invalides
Le général Bigeard était notamment connu pour son rôle lors de la guerre d'Indochine.@ MAX PPP
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Figure des guerres coloniales, il souhaitait voir ses cendres dispersées à Dien Biên Phù.

Il va rejoindre les gloires de l'armée française. Les cendres du général Bigeard, décédé le 18 juin 2010 à l'âge de 94 ans, vont être transférées à l'Hôtel des Invalides, à Paris. Cette figure des guerres coloniales avait émis le souhait que ses cendres soient dispersées au-dessus de Dien Biên Phù, pour "rejoindre ses camarades tombés au combat" en 1954.

Mais les autorités vietnamiennes ont opposé un refus définitif à cette requête. Gérard Longuet a donc proposé à la fille du général de déposer les cendres de son père aux Invalides. Considéré par les militaires comme le dernier personnage héroïque de l'armée, le général Bigeard a participé à toutes les guerres de la France, de la seconde guerre mondiale à la guerre d'Algérie.

La torture, un "mal nécessaire"

Son rôle lors de la bataille d'Alger, en 1957, au cours de laquelle la torture a été fréquemment utilisée, demeure très controversé. Démentant l'avoir pratiquée lui-même, il qualifiait cependant la torture de "mal nécessaire".

Mobilisé dans l'armée de terre en 1939, Marcel Bigeard a été fait prisonnier par les Allemands. S'échappant en 1941 du camp militaire où il était détenu, il a alors rejoint les forces du général de Gaulle en Afrique du Nord, avant de participer à la libération de la France en 1944.

Il s'est ensuite engagé dans la guerre d'Indochine, pendant laquelle il s'est illustré, notamment à Dien Biên Phù. Au cours de cette défaite historique, il a en effet réussi avec ses hommes à résister pendant plusieurs semaines aux rebelles, pourtant plus nombreux. Après la bataille, il est fait prisonnier et détenu pendant six mois par l'armée Vietminh.

"Con glorieux"

Sa carrière a ensuite pris un tour politique : il a été secrétaire d'Etat à la Défense pendant 18 mois sous Valéry Giscard d'Estaing entre 1975 et 1976, puis élu en 1978 député de Meurthe-et-Moselle, un fauteuil qu'il a occupé pendant dix ans. Dans un livre-testament publié deux ans avant sa mort, il déplorait la disparition de la France qu'il avait connu, disant "Adieu ma France des trafics en tous genres, du chômage, de l'islamisme, de la polygamie, du laxisme, de la permissivité, de la famille décomposée…".

Connu pour son franc-parler, le général Bigeard se qualifiait lui-même de "con glorieux". En 1999, il s'était confié à Europe 1 : "j'ai toujours une grande gueule, j'ai toujours dit ce que je pensais quand même", avait-il affirmé, avant de conclure : "Mourir pour la patrie, je suis encore disponible demain matin".