Le gendarme a "fait son travail"

  • A
  • A
Le gendarme a "fait son travail"
@ MAXPPP
Partagez sur :

A la barre, il a justifié ses sept tirs sur Joseph Guerdner, lors de sa tentative d’évasion.

"Je regrette les faits mais il fallait malheureusement faire son travail ce jour-là". Au premier jour de son procès, le gendarme Christophe Monchal, accusé d'avoir mortellement blessé en 2008 Joseph Guerdner, a regretté les faits tout en s'attachant à les justifier.

Les premiers débats ont tourné autour de l'usage de l'arme. Fallait il ou non y avoir recours ? Le décret organique de la gendarmerie prévoit l'usage de l'arme "comme ultime recours pour arrêter une personne qui se soustrait à sa garde," a expliqué le capitaine Etienne Garnier, à la barre. Pour l'officier expert, "la dangerosité" de la victime, qui en 2006, avait blessé un force de l’ordre adjoint, justifiait l’utilisation d’une arme par le gendarme.

"D'autres moyens d'arrêter la victime"

Une version contestée par les avocats de la partie civile, Mes Jean-Claude Guidicelli et Régine Ciccolini. Pour eux, il y avait "d'autres moyens d'arrêter la victime", Joseph Guerdner.

Les faits remontent au 23 mai 2008, lors de l'interpellation à la gendarmerie de Brignoles de Joseph Guerdner, un membre de la communauté du voyage, âgé de 27 ans. Pendant son audition, les gendarmes l’autorisent à fumer une cigarette près d’une fenêtre située entre deux étages. Christophe Monchal l’accompagne. Alors que la minuterie s’arrête, l’homme saute d’une hauteur de 4,60 mètres.

Lorsqu'il traverse la cour pour s’échapper, le gendarme tire sept coups de feu dans sa direction, l'atteignant trois fois. Malgré ses blessures, Joseph Guerdner réussit à sauter par dessus le grillage et à se réfugier dans un arbre. Il décède des suites de ses blessures.

Le procès, qui se déroule sous haute surveillance avec la mobilisation d'une demi-compagnie de CRS, se tient jusqu'à vendredi.