Le gang des "voleuses du métro" jugé

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Le gang des "voleuses du métro" jugé
@ MAX PPP
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Soupçonnés d'avoir forcé des mineurs à voler, 22 prévenus du clan "Hamidovic" comparaissent lundi.

Un énorme réseau qui forçait des enfants à voler dans le métro est jugé à partir de lundi à Paris pour "association de malfaiteurs", "traite d'êtres humains" ou encore "viols en réunion". A la tête de ce réseau : Féhim Hamidovic, surnommé "le patriarche". L'homme, aujourd'hui âgé de 60 ans, était effet à la tête du clan des "Hamidovic", un réseau de malfaiteurs originaires de Bonsie-Herzegovine, démantelé fin 2010.

Après trois ans d'enquête, les policiers de la Brigade des mineurs ont mis à jour un réseau très structuré pour lequel des ados, exploités en Belgique, Espagne, Italie et France, ont rapporté plusieurs millions d'euros à leur patron. Les enquêteurs considèrent qu'à l'époque, 70% des vols dans le métro étaient le fruit des jeunes Hamidovic.

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Les enfants, "de vraies victimes". Toutefois, aucun enfant ne figure parmi les 22 personnes qui comparaissent lundi devant le tribunal de Paris. Les adolescents sont considérés comme des victimes. "Ce sont des enfants dont le vol est un mode de vie et qui n'ont pas du tout l'idée d'être victime. On les a formés pour ça et ils n'ont aucune idée de ce que victime veut dire. Et ce sont de vraies victimes parce qu'elles sont exploitées au quotidien et leur seule possibilité de vivre, c'est de voler dans le métro. Et en plus, elles sont victimes de sévisses, de violences, d'actes de barbaries", justifie Thierry Boulouque, commissaire chef de la Brigade de Protection des Mineurs à la PJ parisienne.

Impératif de 300 euros par jour. Derrière ce réseau, principalement composé de jeunes filles : Fehim Hamidovic et son bras droit, son épouse, Fehija Hamidovic. Sous eux, une pyramide familiale. Les fils, promis à la succession, et les belles-filles, en charge de la collecte de l'argent à travers l'Europe de l'Ouest. A Paris, une centaine de garçons et surtout de filles. La nuit, les jeunes voleurs étaient logés dans des hôtels de banlieue . Le jour, ils étaient chargés d'écumer le métro par petits groupes, et de faire les poches des passagers, de préférence les touristes.

Objectif quotidien : 300 euros minimum chacun, sous peine de violences et brûlures de cigarettes. Une vie de misère que ces ados, parfois enlevés à leurs parents, n'osent que rarement dénoncer. Des enfants rompus aux procédures policières, refusant toute identification, empreintes digitales, photos et fuyant à la première occasion les foyers, une fois placés par les autorités.

Un témoignage fait progresser l'enquête. Difficile donc pour les enquêteurs de la Brigade de protection des mineurs de remonter à la tête du réseau. C'est notamment le témoignage d'une adolescente, qui a accéléré les choses. Clara, violée par Féhim et deux de ses fils confie aux enquêteurs les sévisses dont elle a été victime. Un témoignage qui a permis après trois ans d'enquête d'appréhender 22 personnes du clan.