Le Gang des barbares rejugé à huis clos

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Le Gang des barbares rejugé à huis clos
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Il n'y aura pas de débats publics. Youssouf Fofana n'interviendra qu'en tant que témoin.

Ils étaient 13 lundi matin dans les deux box sécurisés de la cour d'assises de Créteil. Quatre autres accusés comparaissent libres. En tout 17 complices présumés de Youssouf Fofana, le chef du Gang des barbares, sont jugés en appel pour l'assassinat en 2006 d'Ilan Halimi. Celui qui se présente comme le cerveau de la bande, condamné à perpétuité en première instance n'interviendra qu'en tant que témoin dans les jours à venir.

Procès à huis clos

Deux des accusés étant mineurs à l'époque des faits, le tribunal a prononcé le huis clos, malgré les demandes des avocats de la famille Halimi et de la compagne du jeune homme. "Je suis évidemment déçu (...) pour la maman d'Ilan, c'est une déception dans la mesure où le combat qu'elle mène aujourd'hui ce n'est pas un combat égoïste mais c'est un combat pour montrer ce qui s'est passé, pour que cela ne se reproduise plus", a réagi Me Szpiner.

Ce second procès, la famille d'Ilan Halimi le voulait à cause d'un verdict en première instance qu'elle jugeait trop clément. Lors du premier procès en juillet 2009, Fofana s'était présenté comme l'organisateur en chef d'une série de tentatives d'enlèvements, achevée par un drame retentissant : la mort le 13 février 2006 à 23 ans d'Ilan Halimi, après trois semaines de calvaire dans une cité HLM de Bagneux dans les Hauts-de-Seine.

Fofana "présent la quasi-totalité du mois de novembre"

En première instance, au terme d'un procès où il avait multiplié les provocations, Youssouf Fofana, 30 ans, avait été reconnu coupable d'assassinat et d'actes de torture et condamné à la peine maximale assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Absent du box des accusés, Youssouf Fofana restera toutefois au coeur des débats. "Il devrait être présent pendant la quasi-totalité du mois de novembre", selon une source judiciaire.

MAM prête à témoigner

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, pourrait également témoigner au cours du procès. La défense a cité la ministre comme témoin, car c'est elle qui a décidé que le parquet ferait appel des condamnations prononcées en première instance en juillet 2009, pourtant presque conformes aux réquisitions formulées à l'audience. Il s'agit pour certains avocats des 18 accusés de souligner qu'à leurs yeux, le procès en appel, qui doit s'ouvrir ce lundi, est organisé sur ordre politique et non pour des raisons judiciaires.

Dans une lettre envoyée au président de la cour d'assises d'appel de Créteil, Michèle Alliot-Marie explique qu'elle n'a pas été témoin des faits et qu'elle ne peut donner aucun élément sur la personnalité des accusés. "Elle précise qu'elle se tient cependant à la disposition de la cour d'assises si elle juge utile d'entendre son témoignage", explique son cabinet.

Trois accusés devraient particulièrement retenir l'attention de la cour : les deux complices jugés les plus actifs, Samir Aït Abdelmalek, 32 ans, et Jean-Christophe Soumbou, 24 ans, ainsi que la jeune fille ayant servi d'appât, mineure au moment des faits, 22 ans aujourd'hui.

"7, 10 ou 11 ans, qu'est ce que ça va changer ?"

Pour l'avocate de cette jeune fille, ce procès en appel ne changera rien à la douleur de la famille Halimi. "Qu'elle soit condamnée à 7, 10 ou 11 ans, qu'est ce que ça va changer pour la malheureuse famille de la victime ?", demande Me Attias.