Le FLNC derrière la dernière "nuit bleue"

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Le FLNC derrière la dernière "nuit bleue"
@ Reuters
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Le Front de libération nationale de la Corse a revendiqué les attentats du 7 décembre sur l'île.

L'INFO. Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) a revendiqué mercredi la vague d'attentats contre des résidences secondaires dans l'île, le 7 décembre, dans un communiqué authentifié remis au magazine d'information Corsica.

La "nuit bleue" du 7 décembre. Ce soir-là, une vingtaine d'explosions avaient endommagé ou détruit une vingtaine de résidences secondaires aux quatre coins de l'île, dont certaines habitations étaient construites de façon illégale à moins de la bande de 100 mètres imposée par la loi Littoral de 1986.

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© MAXPPP

Les explications du FLNC. Comme à son habitude, le FLNC justifie ces attentats par sa volonté de lutter contre la lutte contre la spéculation immobilière, en avançant le chiffre de "85.000 résidences dites secondaires qui sont aujourd'hui implantées en Corse", une île qui compte environ 306.000 habitants.

Par ailleurs, les clandestins récusent les récentes accusations du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui avait déclaré voir derrière ces attentats "sans doute une forme de racisme". "Non, nous ne sommes pas racistes car nous ne ciblons jamais les individus mais l'appropriation de notre terre", souligne le FLNC, qui avait affirmé en juin dernier ne pas vouloir laisser "s'installer impunément plus de 4.500 résidences secondaires étrangères par an soit plus de 45.000 en dix ans". Pour le FLNC, compte tenu du fait que "la moitié d'entre elles est loué l'été", "ce sont 800 millions d'euros qui sont volés tous les ans à l'économie corse sans même transiter sur notre sol".

Le FLNC prêt à une "initiative historique". L'organisation indépendantiste refuse également le terme de "terroristes", expliquant n'avoir "nullement l'intention de renverser l'Etat français", et réclamant au contraire "un règlement politique" et "la fin de l'affrontement armé". En guise de rappel, le FLNC souligne que "le chemin de la paix n'est pas jalonné d'effet du menton ou de phrases à l'emporte-pièce mais d'actes politiques significatifs", des propos intervenant après les récentes déclarations de Manuel Valls qui critiquait l'omerta présumée de la population face aux crimes et le manque de condamnations des attentats de la part des élus insulaires.

Fait notable: les clandestins assurent que "dans cet esprit, notre organisation politique est prête (…) à prendre une initiative historique, contribution majeure à la paix que notre peuple attend", sans donner cependant plus de précisions.

Valls et "l'ambiguïté" des élus corses. Invité sur Europe 1 le dimanche suivant cette vague d'attentats, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls avait affiché sa détermination dans ce dossier. "J’attends la condamnation de la violence politique en Corse parce qu’elle est directement liée à la violence qui gangrène la Corse", avait-il martelé.