Le danger du "boire trop souvent"

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Le danger du "boire trop souvent"
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Une campagne de prévention cible les méfaits de la consommation régulière d'alcool.

"Boire un peu trop tous les jours, c’est mettre sa vie en danger." Voici le slogan de la nouvelle campagne de prévention sur l’alcool présentée jeudi matin par Nora Berra, la secrétaire d’Etat chargée de la Santé. A partir du 13 mars, cette opération mettra l’accent sur les risques d’un usage régulier de l’alcool. Elle vise l'abus d'alcool "qui ne conduit ni à l'ivresse, ni même à la perception d'un comportement à risque", a expliqué Nora Berra, lors de sa conférence de presse.

Cette campagne fait suite à plusieurs observations de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Selon les premiers résultats du Baromètre santé 2010, 15% des hommes de plus de 40 ans consomment plus de trois verres par jour, contre 3% des femmes. Loin de la dépendance éthylique, cette consommation excessive s’inscrit dans les habitudes de vie.

Comment mesurer sa consommation ?

Au micro d’Europe 1, Philippe Batel, alcoologue à l’hôpital Beaujon (Paris), a indiqué jeudi que la campagne visait "une consommation en apparence anodine". En outre, mesurer son propre rapport à l’alcool reste complexe. Ainsi, un questionnaire consultable sur le site de l’INPES permettra d’évaluer sa consommation hebdomadaire.

Au centre de cette campagne de prévention, un spot publicitaire sera diffusé à la télévision dès le 13 mars. Il met en scène un quadragénaire en costume cravate, qui boit à différents moments de la journée. Une consommation d’alcool qui s’étire du lieu de travail jusqu’au foyer familial en soirée.

Découvrez le spot publicitaire de la campagne :

Des risques mortels

Certains réflexes peuvent être pris au quotidien afin de réduire le nombre de verres consommés. "On peut déjà attendre une heure avant de se resservir. On peut également s’imposer un jour d’abstinence dans la semaine ", a notamment conseillé Philippe Batel.

Difficiles à sensibiliser, ces buveurs réguliers sont directement exposés à des maladies alcooliques du foie, des dommages neurologiques ou de l’hypertension artérielle. Responsable de plus de 37000 décès par an, l’alcool demeure la deuxième cause de mort évitable en France. Toutefois, la consommation éthylique tend à baisser en France. Entre 2005 et 2010, l’absorption quotidienne d’alcool est passée de 25 à 16,6%.