Le "cuisiné maison" bientôt distingué ?

  • A
  • A
Le "cuisiné maison" bientôt distingué ?
@ MAXPPP
Partagez sur :

Les restaurants pourraient devoir préciser si les plats sont cuisinés sur place. Ou ailleurs.

Le plat a-t-il été cuisiné sur place ? Les restaurateurs pourraient être contraints de mentionner sur leurs cartes si les produits qu’ils servent dans leur établissement sont "cuisinés maison" ou s’ils sont issus de l'industrie de l'agroalimentaire.

Les sénateurs examineront ainsi mardi une disposition du projet de loi Consommation, qui propose de mieux informer les clients des restaurants sur les "conditions d'élaboration des plats" figurant sur la carte. Le texte a été adopté début octobre par les députés.

Des plats cuisinés ou remis à température ?

Concrètement, il ne devrait pas s'agir de préciser si les légumes sont frais ou surgelés, mais d'indiquer si les plats ont été cuisinés sur place ou s'ils ont été cuisinés ailleurs et seulement "remis en température", selon le jargon du métier, pour ne pas dire réchauffés. L'information répondrait à une question de santé publique, certains produits de l'agroalimentaire pouvant contenir des allergènes cachés.

Les restaurateurs bataillent contre ce texte de loi. Ils ne veulent pas d’un astérisque à chaque plat non fait maison. Ce serait "trop compliqué", prévient la profession qui craint les cartes illisibles et peu attractives. Mais pas seulement. Ils s’interrogent aussi sur la manière d’afficher un plat composé d’un produit maison et d’un aliment provenant d'un industriel ou d'un artisan extérieur. Ils prennent comme exemple le cas d’une tarte au pomme maison mais servie avec une boule de glace vanille.

"Tout ce qui va dans le sens de la transparence ne nous gêne pas", a estimé pour autant Laurent Caraux, président du SNRCT, un syndicat qui fédère surtout des chaînes de restaurant. Ce qui n'empêche pas les organisations patronales de multiplier les rencontres parallèles avec les pouvoirs publics, les parlementaires pour limiter la portée de cette transparence.

Contre une information plat par plat

Ainsi les restaurateurs militent "contre une information plat par plat", mais accepteraient "une expression générale" visible de l'extérieur de l'établissement ou mise en avant au début de la carte. Mais à condition qu'elle soit "positive et non discriminante", précisent-elles.

Si cet article est définitivement adopté, ce sera au gouvernement de définir le mode d'information. Mais ce ne sera qu’à l'issue d'une seconde lecture à l'Assemblée et au Sénat avant la fin de la session parlementaire fin février.