"Le cannabis n’est pas une petite molécule sympathique"

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"Le cannabis n’est pas une petite molécule sympathique"
Michel Lejoyeux, chef du service de psychiatrie et d'addictologie de l'hôpital Bichat@ DR
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VOTRE CHOIX D’ACTU DU 3 JANVIER - L’Etat du Colorado vient de légaliser le cannabis, ce qui ne signifie pas pour autant que cette drogue est sans danger.

Chaque jour avec "Votre choix d’actu", Europe 1 vous propose de définir un thème qui sera approfondi dans Europe midi – Votre Journal animé par Wendy Bouchard.

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>>>Vendredi 3 janvier, vous avez été 66% à faire "Votre choix d’actu"  sur la légalisation du cannabis aux Etats-Unis, dans l’Etat du Colorado. Les personnes âgées de plus de 21 ans pourront acheter dans les coffee-shops au maximum 28 grammes de produit à chacune de leur visite. Pour certains économistes, la légalisation du cannabis pourrait rapporter un à deux milliards d’euros par an à l’Etat. Michel Lejoyeux, chef du service de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital Bichat a rappelé dans Europe midi que le cannabis reste un produit dangereux.

Michel Lejoyeux souligne que "le cannabis est un toxique majeur" qui "donne des dépendances très fortes". Il explique que ses patients ne parviennent que très difficilement à "décrocher". Aussi, le chef de service de psychiatrie et d’addictologie de l’hôpital Bichat remarque qu’il existe souvent des "dépendances croisées", où le cannabis est mélangé à l’alcool, à la cigarette ou à d’autres drogues, ce qui augmente sa toxicité. "Ces produits ont leur génie propre, ils ont un effet de fixation sur le cerveau" souligne Michel Lejoyeux. Il met en garde contre le "syndrome amotivationnel", cercle vicieux qui fait perdre toute motivation, toute envie au consommateur, et qui l’incite à prendre toujours plus de cannabis.

Un manque de statistiques. Refusant toute légalisation du cannabis, Michel Lejoyeux demande cependant "une évolution du phénomène", qui manque aux médecins et aux autorités.  Il en appelle ainsi à "sortir des prises de position idéologique" pour obtenir un vrai "baromètre" des fréquences des addictions, afin de mieux lutter contre la consommation de drogue.