Le blues des CRS

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Le blues des CRS
Les CRS de Lyon ont protesté ce week-end contre la fermeture de leur caserne.@ Maxppp
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Grèves de la faim, arrêts-maladie, les CRS protestent contre la fermeture de leurs compagnies.

Ils sont un instrument indispensable de la politique sécuritaire, mais, face à la crise, l'Etat doit faire des économies. Nouvelle conséquence de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a évoqué la semaine dernière la possible fermeture de deux compagnies de CRS, à Lyon et à Marseille. Une première depuis la création de ces Compagnies républicaines de sécurité (CRS), en 1948.

Pour montrer leur mécontentement, les CRS, qui n’ont pas le droit de grève, usent de moyens détournés. Dimanche soir, quelque 140 fonctionnaires ont ainsi refusé le plateau-repas qui leur est proposé avant leur service.

Deux jours de grève de la faim

Une grève de la faim qui dure depuis deux jours. "Pour l’instant on tient mais médicalement il va commencer à y avoir des soucis", avertit Mickaël Fistache, CRS depuis 20 ans, au micro d’Europe 1.

Pour Grégory Guérini, CRS depuis plus de 10 ans, la contestation vaut le coup. La fermeture de la compagnie marseillaise où il travaille ne risque pas de le mettre au chômage, car il est fonctionnaire. Mais s’il compte rester vivre à Marseille, il se verra obligé de changer de métier. "Il est totalement inadmissible qu’on ferme des compagnies de nos jours, alors que la délinquance augmente", déplore-t-il, sur Europe 1.

Les syndicats de CRS redoutent, à long terme, la suppression de 25 des 61 compagnies françaises, ainsi que celle de 7 compagnies de gendarmes mobiles. Des entreprises privées, moins coûteuses pour l’Etat, prendraient peu à peu la place des fonctionnaires.

La place Beauvau rassure

Interrogé par Europe 1, le ministère de l’Intérieur rassure, en réaffirmant que seules deux compagnies seraient fermées, conformément aux annonces de Brice Hortefeux. La place Beauvau insiste : aucune décision n’est prise, et l’heure est à la réflexion pour le moment.

Les syndicats de policiers doivent être reçus lundi à 17 heures par Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale. Le ministère de l’Intérieur devrait officialiser la suppression des deux compagnies lundi prochain.