Le bassin minier du Nord à l'Unesco

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Le bassin minier du Nord à l'Unesco
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Ce territoire, très marqué économiquement, rejoint au Patrimoine des sites comme le Taj Mahal.

C'était la seule candidature française. L'Unesco a inscrit samedi le bassin minier du Nord/Pas-de-Calais au Patrimoine mondial lors d'une réunion à Saint-Pétersbourg, dans le Nord-Ouest de la Russie.

Quand en 2010 la France avait officiellement déposé la candidature du bassin minier du Nord/Pas-de-Calais, le ministre de la Culture de l'époque Frédéric Mitterrand en avait souligné le caractère "exceptionnel par son sujet et son ampleur, qui, en outre, est portée avec passion et émotion par toute une région". "Le patrimoine de l'humanité, ce n'est pas seulement la collection des chefs-d'oeuvres de l'art, ce peut être aussi le témoignage du cadre de vie et de travail de l'homme, quand il est signifiant et représentatif", avait-il ajouté.

"Gommer le paysage sinistre"

Placer le bassin minier, ses terrils ou ses cités sur une liste qui comprend le Taj Mahal, la Grande barrière de corail ou encore le Mont Saint-Michel, n'était pas forcément évident. Mais le BMU (Bassin minier uni), organisme porteur du projet, au bout de sept ans de travail et avec un dossier de 1.450 pages, pesant 15 kilos, est parvenu à convaincre les 21 Etats membres de la commission de l'Unesco réunis à Saint-Pétersbourg (Russie).

"Pour certains, gommer le paysage sinistre de vieille industrie était une nécessité. Mais aujourd'hui les choses ont changé (...). L'héritage que l'on a, il n'est pas banal, pas répétitif", souligne Frédéric Kowalski, chargé d'études sur les bassins miniers au sein de l'association Chaîne des terrils. Aux yeux de l'Unesco, le bassin minier est désormais reconnu en tant que "paysage culturel évolutif".

Trois siècles d'Histoire

Sur 120 kilomètres de long, 87 communes, 17 fosses, 21 chevalements, 51 terrils, 3 gares, 124 cités, 38 écoles, 26 édifices religieux, des salles des fêtes ou encore 4.000 hectares de paysage vont porter les couleurs d'un héritage patrimonial de trois siècles d'exploitation du charbon.

La ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti a salué cette inscription qui "reconnait la valeur universelle et exceptionnelle de ce paysage tout à la fois culturel, industriel et social qui rend hommage au monde disparu de la mine".

Désormais, 38 biens culturels et naturels français sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.