La trêve hivernale s'achève mardi soir

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La trêve hivernale s'achève mardi soir
@ GOGO LOBATO/AFP
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SOCIAL - La plupart des hébergements d'urgence vont fermer et les expulsions locatives être à nouveau autorisées.

Pour les personnes en grande précarité, le 31 mars n'est pas un jour comme les autres. Ce jour-là marque en effet la fin de la trêve hivernale, synonyme de répit pour les locataires visés par une expulsion et de bouée de sauvetage pour les personnes à la rue.

La trêve hivernale, mode d'emploi. C'est après le très difficile hiver 1954 que l'Abbé Pierre a obtenu la création de cette période particulière. Chaque année, du 1er novembre jusqu'à la mi-mars (voire fin mars), les règles du jeu changent : les expulsions locatives sont interdites et l'Etat renforce son dispositif d'hébergement d'urgence pour les personnes sans domicile fixe. Cette année, la fin de la trêve hivernale a été fixée au 31 mars minuit.

Quelles conséquences ? Côté locataire, ceux n'ayant pas payé leur loyer depuis des mois et dont l'expulsion a été validée par la justice sont à nouveau susceptibles d'être mis dehors dès mercredi matin. En ce qui concerne les personnes à la rue, les 8.000 places d'hébergement d'urgence ouvertes pendant l'hiver vont commencer à fermer, risquant de renvoyer à la rue des milliers d'entre eux, même si le ministère du Logement a annoncé mardi la création de 2.000 places supplémentaires pérennes.

Plus de 120.000 expulsions par an. En 2013, près de 126.000 jugements d'expulsion ont été rendus, selon les chiffres de l'association Droit au logement (Dal). Toutes ces décisions n'aboutissent pas à une expulsion par la force publique. En 2012, les interventions manu militari s'établissaient autour de 11.000. Car au fil de la procédure, beaucoup de ménages partent d'eux-mêmes, souvent en catimini par honte, parfois aussi par la violence de certains propriétaires.

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