La SNCF est condamnée pour un retard

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La SNCF est condamnée pour un retard
@ Montage / MAXPPP
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Un usager a réussi à se faire indemniser après avoir loupé sa correspondance à cause d'un retard.

C'est une première qui pourrait donner des idées à tous les voyageurs qui se plaignent des retards des trains. La cour d'appel de Paris vient de condamner la SNCF à payer une indemnité à passager dont le train était arrivé en retard. Pour la justice, la SNCF n'a pas respecté son obligation d'amener les voyageurs à destination à l'horaire prévu.

4.800 euros pour 30 minutes

4.800 euros pour une demi-heure de retard. C'est donc ce que va toucher Rémi Rouquette, un avocat parisien qui avait raté une plaidoirie dans le sud de la France. Un ralentissement sur la ligne Melun-Paris l'avait empêché d'attraper sa correspondance en Gare de Lyon. La nouveauté c'est que la SNCF doit payer pour le préjudice subi alors que jusqu'à présent elle indemnisait juste les passagers en bons d'achat en cas de retard de plus de 30 minutes.

"Ca va coûter cher à la SNCF"

Comme la SNCF n'a pas fait appel de la décision, le jugement devient définitif et ouvre la porte à des centaines de passagers qui s'estiment lésés chaque année. Pour Jean Claude Delarue, de la Fédération des Usagers des Transports, cette décision va obliger la SNCF à mieux considérer ses voyageurs. "Ca va l'obliger à traiter plus sérieusement les usagers de banlieue, qui représentent 60% du total des usagers de la SNCF mais qui sont laissés pour compte. Si maintenant elle doit être condamnée pour les préjudices sérieux causés par les retards de ses lignes de banlieue, ça va lui coûter très cher. Donc il va falloir qu'elle change de tactique", explique-t-il sur Europe 1. L'entreprise botte en touche et invoque la mauvaise qualité du réseau.

Une mauvaise nouvelle pour la SNCF puisque la ponctualité des trains devrait encore reculer cette année. En moyenne, un TGV sur cinq n'arrive pas à l'heure.

"La voie ouverte à des plaintes"

L'association de défense des usagers des transports de l'axe Lyon/Ambérieu (Adula) en revanche se réjouit de cette condamnation. "On est très satisfait (...) car c'est une faute de la SNCF de ne pas pouvoir acheminer quelqu'un sur son lieu de travail en raison d'un obstacle sur une voie ou un train en panne, ce qui veut dire qu'ils n'ont pas assez de moyens de substitution", a déclaré son président, Jean-Pierre Frencel. "On ne peut pas déposer plainte à titre collectif mais ça peut être la voie ouverte à des plaintes à titre individuel contre la SNCF", a-t-il ajouté.