La "route de la mort" attend toujours

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La "route de la mort" attend toujours
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Dans le cadre d'un aggiornamento des travaux d’infrastructures, l’Etat remet à plat ce projet.

La Route Centre-Europe Atlantique (RCEA), l’une des plus accidentogènes, attend toujours ses grands travaux. Depuis une vingtaine d’années, des aménagements sont envisagés mais rien n’est fait. Le projet de grands travaux lancé par le gouvernent Fillon à l’issue du Grenelle de l’environnement s’était attaqué à la question mais aucun budget n’a été prévu. Alors que la nouvelle majorité a entrepris un vaste inventaire de ces projets d’infrastructures, que va devenir cet axe ?

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La RCEA, c’est quoi ? Il s’agit d’un ensemble de routes reliant la côte Atlantique à l’Allemagne, la Suisse et l’Italie, et donc l’Europe centrale. Ce sont principalement des routes nationales à une seule voie, donc gratuites.

Pourquoi la désigne-t-on comme la "route de la mort" ? Quoique pas plus nombreux que la moyenne, les accidents y sont très graves. Très fréquenté par les poids lourds, cet axe enregistre un taux d’accident phénoménal : le nombre de morts est cinq fois plus important que la moyenne nationale et il a augmenté de 130% entre 2009 et 2010, selon le quotidien régional La Montagne. En six ans, la seule portion qui traverse l’Allier, longue de 90 kilomètres, a ainsi enregistré 110 morts, selon le décompte de M6.

Qu’est-il prévu pour régler ce problème ? Deux pistes existent : la construction d’une autoroute ou le doublement des axes existants. D’un côté, une autoroute aurait l’avantage de ne presque rien coûter aux collectivités territoriales mais la facture serait lourde pour les automobilistes. A l’inverse, un doublement des voies permettrait de maintenir la gratuité mais il serait à la charge des communes et du département.

La rigueur financière change-t-elle la donne ? Comme la Cour des Comptes l’avait conseillé, le gouvernement s’est lancé dans un vaste inventaire pour annuler certains projets d’infrastructures. Mais paradoxalement, alors que le précédent gouvernement avait opté pour l’option "autoroute", avantageuse pour l’Etat, le nouveau ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a stoppé ce dossier. C’est désormais le dédoublement qui est privilégié, un scénario qui bénéficie d’un atout de poids : Arnaud Montebourg, ex-président du Conseil général de Saône-et-Loire et désormais ministre.

Où trouver l’argent ? Le choix d’un doublement des voies a un coût que les collectivités territoriales disent ne pas pouvoir supporter. Le gouvernement envisage donc un financement supplémentaire qui proviendrait de l’écotaxe, dont devront s’acquitter les poids lourds à partir de 2013. Or c’est justement la forte présence de ces camions qui fait de cet axe l’un des plus meurtriers de France.