La Réunion, toujours la proie des flammes

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La Réunion, toujours la proie des flammes
@ Capture
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Des milliers d'hectares ont déjà brûlé depuis mardi. Des renforts sont arrivés dimanche.

L'incendie continue de se propager dans le parc national de La Réunion. Cela fait six jours qu'il perdure. Dimanche, le préfet de l'île, Michel Lalande a ordonné l'évacuation préventive pour la nuit de dimanche à lundi d'une trentaine d'habitations situées à proximité de l'incendie du Parc national, à Saint-Leu, où le feu menace de descendre vers les maisons et bâtiments d'élevage. Au total 26 habitations isolées, appartenant à des éleveurs, sont concernées par cette évacuation.

2.600 hectares ont été parcourus par le feu, selon la préfecture. "Malgré les importants moyens déployés, la sécurité des habitants du chemin de Vaudeville et du chemin des Tamarins ne peut ce soir être garantie avec certitude", a-t-elle indiqué. Quant aux pompiers, ils s'attendaient dimanche à passer une nouvelle nuit difficile, la météo annonçant des "brises de pentes" relativement fortes après une journée où le feu a encore progressé, selon la préfecture.

Des renforts envoyés dimanche

Plus de 400 soldats du feu, agents de l'ONF, gendarmes et militaires ainsi que 4 hélicoptères bombardiers d'eau sont mobilisés depuis mardi pour lutter contre la propagation de l'incendie qui a pris à plus de 2.000 mètres d'altitude, sur un terrain escarpé, souvent inaccessible à pied, au cœur du parc national de la Réunion, classé patrimoine mondial de l'Unesco. Pour lutter contre ce feu particulièrement difficile, un renfort de 173 pompiers est arrivé de métropole dimanche.

Le capitaine Magali Blanchard fait partie de ces renforts venus de Marseille. Pour elle c'est une première. "Tout le sol c'est du humus, une espèce de tourbe, et le feu se propage facilement là-dedans", a-t-elle pu constater. C'est quelque chose auquel on n'a pas été confronté. Ca peut être risqué car a tout moment le feu peut se propager sous nos pieds" ajoute cette capitaine de sapeurs pompiers.

"Ça peut être risqué"

Un feu "très technique" à maîtriser

"C’est un parc qui a été classé l’an dernier au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est une partie du patrimoine de La Réunion qui est en train de partir en fumée, c’est pour cela que tout le monde a à cœur d’arrêter ce désastre écologique", explique le Lieutenant Colonel Florent Hivert, porte-parole de la Sécurité Civile au micro d'Europe 1.

"Il y a toutes les opérations normales que l’on fait en arrosant mais il faut également gratter la terre, creuser des tranchées et tracer des pistes sur les points sur lesquels on veut agir de manière à vraiment lutter de façon efficace et coordonnée contre ce feu qui est difficile", conclut-il.

"Ce feu est difficile" :

Le terrain, "du humus, une sorte de tourbe" escarpé complique la progression des pompiers :













Dimanche, le directeur de cabinet du préfet de la Réunion Benoît Huber assurait que "la situation est tenue au sud mais un foyer virulent demeure au Piton des Orangers", sur une vingtaine de kilomètres, où 4 hectares sont en feu. Et de rappeler que la nuit de samedi à dimanche "a été très difficile".

Des vents très forts et très subits ont soufflé et nous ont contraints à évacuer les habitants du secteur le plus proche de l'incendie". C'est ainsi que la préfecture a pris en charge 43 personnes. Elles ont été "hébergées dans un gymnase par la mairie de Saint-Leu. Un gîte, trois fermes et un centre équestre ont été fermés". Mais il n'y a eu "ni victime, ni blessé".

Le feu a traversé la route à la forestière située à la lisière de la forêt dans la nuit, obligeant le maire de la commune Thierry Robert à demander l'évacuation de la population, principalement des éleveurs, et de leur animaux.