La recherche sur l'embryon à l'Assemblée

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La recherche sur l'embryon à l'Assemblée
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3' CHRONO - Les députés planchent sur un texte autorisant la recherche sur les cellules souches

L'Assemblée nationale se penche  jeudi sur la question de la recherche embryonnaire et sur les cellules souches. Depuis 2004, elle est interdite, sauf en cas de dérogation. "Ce texte est très attendu des chercheurs, du public comme du privé", avance Catherine Lemorton, présidente PS de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. Dans les faits, un certain nombre de scientifiques mènent déjà des recherches sur les embryons dits "surnuméraires", c'est-à-dire obtenus en trop grand nombre lors d'une fécondation in vitro.

C'est quoi, les cellules souches ? Il s'agit des premières cellules qui apparaissent après la fécondation d'un ovule. Leur spécificité ? Elles ne sont pas encore "différenciées", c'est-à-dire qu'elles peuvent se transformer en n'importe quelle cellule du corps humain : peau, os, globules rouges ou blancs, foie, reins, etc. D'où un potentiel sans équivalent, estiment les scientifiques : les cellules souches pourraient permettre de réparer le cœur, de guérir la stérilité masculine, d'améliorer les techniques de procréation médicalement assistée ou encore de faciliter les greffes de peau sur les grands brûlés.

"Pluie d'amendements" à l'Assemblée. L'opposition au texte est farouche dans les rangs de l'Assemblée. Plus de 300 amendements ont été déposés par la droite, qui souhaite que le régime actuel d'interdiction avec possibilité de dérogation soit maintenu. Au grand dam de Roger-Gérard Schwartzenberg, ancien ministre de la Recherche de Lionel Jospin et président des radicaux de gauche : "Je ne suis pas trop satisfait de voir une pluie d'amendements alors qu'il n'y en a pas eu en commission et que ce texte est passé aisément au Sénat". Fin décembre, la chambre haute l'avait adopté par 203 voix pour et 74 voix contre. Le projet de loi, qui ne doit faire l'objet que d'une journée de débat à l'Assemblée, pourrait donc ne pas aboutir.

Un problème éthique. Si la loi suscite une telle controverse, c'est parce qu'elle doit expliquer à partir de quel moment un embryon, qui n'est qu'un amas de cellules, devient un être humain à part entière. Certains, comme le neurobiologiste Alain Privat, estiment ainsi que cette autorisation servira avant tout les intérêts des laboratoires pharmaceutiques, en créant pour eux "une source de profits considérables". Jean Leonetti (UMP), ancien rapporteur de la loi bioéthique, a mis en garde: "Attention à ne pas céder au moins disant éthique au nom du mieux disant scientifique et de la performance!"