La polémique des "mini-miss" devant le juge

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La polémique des "mini-miss" devant le juge
L’annulation d’un concours de mini lolitas est jugée lundi à Auch.@ MAXPPP
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Le tribunal d'Auch a débouté l'organisatrice du concours.

Le débat sur l’hypersexualisation des petites filles refait surface. Le tribunal d'instance d’Auch, dans le Gers, a rendu lundi sa décision dans une affaire de concours de beauté de "mini-miss". Le procès opposait l'organisatrice de l'événement au Planning familial, et à une psychologue à la retraite.

En février 2011, le Planning familial et la psychologue avaient dénoncé dans deux courriers adressés à la mairie d’Auch, l'affiche de la soirée représentant une petite fille dans une pose suggestive. Ils obtiennent alors gain de cause puisque la Mairie annule le concours.

Soirée maintenue mais concours annulé

Ce dernier devait se tenir dans une école d’esthétique. Furieuse de la suppression de l’évènement, la directrice de l’établissement assigne alors en justice les auteurs des missives. Finalement, la soirée est maintenue mais pas le concours, qui devait mettre en scène des "lolitas" âgées de 12 ans maximum.

Et selon l'organisatrice, ce changement de programme a entraîné un préjudice financier de plusieurs milliers d'euros. Elle réclamait donc 9.600 euros de dommages et intérêts. Mais lundi, le tribunal a finalement débouté l'organisatrice, la condamnant au passage à indemniser le Planning familial à hauteur de 1.000 euros et la psychologue à la retraite de 800 euros.

"Une décision pas équitable"

"L'intention qu'on lui prête est injuste, la décision n'est pas équitable, des concours comme cela, il y en a partout en France", a dénoncé l'avocat de Mireille Meignan. Me Duffourg souligne que le jugement ne fait pas état d'une quelconque interdiction du concours, qui s'est tenu en 2012, à Roquelaure, un village situé à une dizaine de kilomètres d'Auch.

Le maire PS Franck Montaugé avait expliqué en 2011 que la mairie avait dans un premier temps accepté d'abriter la manifestation, car la demande de location du théâtre municipal n'indiquait qu'un simple défilé de mode, sans préciser l'âge des modèles.

Une charte pour prévenir l'hypersexualisation des petites filles

Une charte sur l'utilisation de l'image des enfants dans les médias dont deux articles concerneront la question de "l'hypersexualisation" des enfants va bientôt voir le jour.

Ce travail a été initié par la ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, après la publication en décembre 2010 dans la version française de Vogue, de photos de petites filles dans des tenues sexy et des postures lascives. 200 pédiatres avaient alors dénoncé les photos en faisant circuler une pétition contre l'érotisation de l'image des enfants dans la publicité.

La charte devra permettre d'établir des principes visant à ne plus promouvoir dans les médias des reportages, produits ou services qui encouragent l'hypersexualisation des petites filles. String dès le plus jeune âge, maquillage pour les petites, soutiens-gorge rembourrés à porter avant la puberté: la question des lolitas dépasse aussi le seul cadre de la publicité et des photos.

La mission de Chantal Jouanno

La sénatrice Chantal Jouanno, membre de la commission des affaires sociales et de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes a dans ce contexte été chargée d'une mission plus globale sur l'"hypersexualisation des petites filles".

Pour plus de 84 % des femmes interrogées par Magicmaman.com, l'image des petites filles va en se dégradant. Plus inquiétant, pour 9 sondées sur 10, les parents seraient les premiers responsables.