La pénurie de profs remplaçants inquiète

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La pénurie de profs remplaçants inquiète
D'après la FCPE, dans le Tarn, les enseignants du primaire ne pourront pas être remplacés avant 48 heures d'absence.@ Maxppp
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INFO E1 - La situation est très tendue dans certaines académies, comme celle de Versailles.

"Ça va être difficile". Bénédicte, collégienne en classe de quatrième, est inquiète. Depuis la rentrée, elle et sa sœur n'ont pas eu une seule heure de cours de mathématiques. En cause, les suppressions de postes dans l'Éducation nationale et le nombre en constante baisse des candidats au concours de professeur.

Pas de cours depuis la rentrée

Les deux fédérations de parents d'élèves, la PEEP et la FCPE, tirent la sonnette d'alarme et évoquent des situations très tendues dans certaines académies. D'après la FCPE, dans le Tarn, les enseignants du primaire ne pourront pas être remplacés avant 48 heures d'absence. Dans l'académie de Nantes, il n'y a pas de remplaçants en mathématiques, en histoire-géographie, en italien ou encore en arts plastiques. Dans l'académie de Versailles, le rectorat peine à trouver des professeurs de mathématiques, de technologie et de langues vivantes.

"Si on n'arrive pas au brevet avant d'avoir fait tout le programme, on peut redoubler. Ça va être difficile", a redouté Bénédicte, interrogée par Europe1. Pour sa mère, cette situation est inadmissible un mois seulement après la rentrée. "Ça parait ubuesque de se dire qu'il n'y a pas de professeur de mathématiques pour enseigner à des enfants de collège. L'année entière va être perturbée, car les enfants auront moins pour faire ce que les autres ont eu le temps de réaliser de manière plus tranquille", a déploré la mère de famille.

Des étudiants appelés en renfort

De son côté, le chef de l'établissement du collège de Courbevoie a demandé aux familles si elles connaissaient des étudiants prêts à venir faire cours pour quelques semaines. Le rectorat, de son côté, a assuré que le recrutement d'un professeur de mathématiques était en cours. D'autres chefs d'établissement ont recours système D, en passant des annonces à Pôle Emploi ou sur des sites comme Leboncoin.fr.

Pour Myriam Menez, secrétaire générale de la PEEP, ces méthodes ne sont pas acceptables. "Le remplacement doit être de qualité", estime-t-elle. "Ce que les parents souhaitent, ce n'est pas seulement avoir des personnes qui viennent ouvrir la porte d'une salle à leurs enfants".

Et, du côté des parents, l'inquiétude risque d'aller crescendo dans les mois qui viennent. Car les absences liées aux épidémies de grippe ou au départ à la retraite en cours d'année devraient amplifier le problème.