Là où il fait bon manger à la cantine

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Là où il fait bon manger à la cantine
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L'UFC-Que choisir dresse le palmarès des cantines scolaires et défend le maintien de normes strictes.

Dans quelles cantines fait-il bon manger ? Pas dans toutes, répond l'UFC-Que Choisir dans une enquête publiée mardi. Après avoir au crible les menus de 606 établissements, l'association de consommateurs estime que de manière générale, "les établissements scolaires réussissent l’examen de passage sur les critères les moins chers (légumes, produits laitiers et féculents)". En revanche, beaucoup font des économies sur les ingrédients les plus chers comme la viande rouge, le poisson, les crudités et les fruits frais, remplacés par des produits hachés bon marché. L'association dénonce, de plus "une invasion de produits gras et sucrés au détriment des crudités et fruits crus" dans les selfs.

>> Voir l'étude complète de l'UFC-Que Choisir

>> Quels établissements tirent leur épingle du jeu ?

Les repas dans les cantines seront plus sains, plus variés et plus équilibrés.

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Les bons élèves. Les écoles élémentaires publiques font figure d'élèves modèles. L'association salue "une impressionnante montée en régime de la qualité" : "largement critiquées dans le passé par l’UFC-Que Choisir et les autorités sanitaires, les écoles primaires publiques obtiennent en 2013 la moyenne de 15,2", avec des 20/20 décernés à la commune de Saint-Denis (93) et au 16e arrondissement de Paris. Quimper (29), et Caluire-et-Cuire (69) frôlent également l'excellence avec un 19,9. A l'inverse, Clermont (60), Les Pennes-Mirabeau (13), Calais (62), Landerneau (29) et Croix (59) obtiennent des notes inférieures à 9.

"Force est de noter l’impact de la nouvelle réglementation", relève l'UFC Que Choisir. "Sur les douze communes ayant écopé de l’appréciation 'médiocre' ou 'mauvais' en 2005, onze décrochent l’examen 2013 haut la main, avec une moyenne de 15,5 !" Entre-temps, l'arrêté de 2011 a instauré le principe d'équilibre nutritionnel dans les cantines scolaires, définissant le nombre minimum de présence de certains aliments dans vingt menus consécutifs et, à l'inverse, le nombre maximal de produits gras ou sucrés, ainsi que les taille des portions.

Les mauvais élèves. Dans les collèges et lycées publics, la qualité se dégrade, selon l'UFC-Que Choisir : "les établissements publics du secondaire sont plus de 2 points et demi en dessous de la moyenne du primaire". En fait, l'association de consommateurs regrette que les menus avec choix ne contraignent pas suffisamment les élèves à manger équilibré. Par exemple, "dans plus d’un tiers des établissements, les élèves peuvent ne manger aucune viande rouge non hachée pendant un mois si leurs choix se portent sur d’autres plats de résistance moins intéressants du point de vue nutritionnel !"

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Quelques collèges et lycées publics se démarquent néanmoins comme le collège Maurice Ravel à Toulon (83), le lycée Jean Dautet à La Rochelle, et le collège Gambetta à Saint-Etienne (42) qui obtiennent entre 17,4 et 18,6/20.

Le bonnet d'âne au privé. Plus surprenant, bien que soumis à la même réglementation, le privé se voit décerner un "bonnet d'âne" par l'UFC-Que Choisir. "La moyenne des 55 écoles élémentaires privées est de 11,3, soit près de 4 points de moins que dans le public". Le secondaire fait encore moins bien : à peine 10. La meilleure note attribuée à un lycée privé n'est ainsi qu'un 12,1 obtenu par le lycée Notre Dame du Roc à La Roche-sur-Yon (85).

>> Voir l'analyse détaillée par établissement étudié

La concurrence de la "junk food". Dernier problème soulevé par l'UFC-Que Choisir : la "junk food" est toujours présente dans beaucoup d'écoles. Dans 48 des 167 établissements secondaires étudiés, "la cantine traditionnelle se trouve en concurrence avec des stands de type cafétéria, fast-food ou sandwicherie" qui ne sont pas soumis à la réglementation de 2011. L'association demande donc que les normes leur soient également imposées.

Car c'est là le message principal que veut faire passer l'UFC-Que Choisir : alors que le gouvernement est parti à la chasse aux "normes absurdes", ces nombreuses réglementations coûteuses et inutiles qui n'ont jamais été supprimées, l'association estime qu'il ne faut pas lâcher du lest dans les cantines scolaires. Les nombreuses règles encadrant strictement leurs menus sont loin d'être "absurdes". Elle prévient : leur suppression aurait même "un impact catastrophique" sur la qualité nutritionnelle des repas des élèves.