La "morale laïque" selon Peillon

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La "morale laïque" selon Peillon
"Je pense, comme Jules Ferry, qu'il y a une morale commune, qu'elle s'impose à la diversité des confessions religieuses", affirme le ministre.@ MAX PPP
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Le ministre de l'Education nationale souhaite instaurer cette discipline dès la rentrée 2013.

Ni ordre moral, ni instruction civique. Dans un entretien au Journal du Dimanche, Vincent Peillon explique ce qu'il entend par "morale laïque", cette discipline que le ministre de l'Education nationale entend instaurer à la rentrée 2013 dans l'enseignement.

La "morale laïque" va au-delà de l'instruction civique, explique d'abord le ministre dans les colonnes du JDD. Il s'agit, selon lui, d'"une construction du citoyen" , qui implique certes une connaissance des règles de la société, de droit, du fonctionnement de la démocratie, mais aussi toutes les questions que l'on se pose sur le sens de l'existence humaine, sur le rapport à soi, aux autres, à ce qui fait une vie heureuse ou une vie bonne".

"Il y a une morale commune"

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© MAXPPP

Vincent Peillon dit penser, "comme Jules Ferry, qu'il y a une morale commune, qu'elle s'impose à la diversité des confessions religieuses, qu'elle ne doit blesser aucune conscience, aucun engagement privé, ni d'ordre religieux, ni d'ordre politique". Or, d'après lui, "si ces questions ne sont pas posées, réfléchies, enseignées à l'école, elles le sont ailleurs par les marchands et par les intégristes de toutes sortes". Le ministre regrette ainsi qu'"aujourd'hui dans les cours d'école et les classes, on se traite de 'sales feujs', 'sales bougnoules'.

 "Tout ce qui est de l'ordre du racisme, de l'antisémitisme, de l'injure, de la grossièreté à l'égard des professeurs et des autres élèves, ne peut pas être toléré à l'école", avance-t-il.

 Pour le ministre, il ne faut pas pour autant "confondre morale laïque et ordre moral". "C'est tout le contraire. Le but de la morale laïque est de permettre à chaque élève de s'émanciper, car le point de départ de la laïcité c'est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d'arracher l'élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix", selon lui.

 "Créer un consensus"

Alors que la laïcité à l'école est régulièrement chahutée par diverses polémiques, comme celui des "mamans accompagnantes" voilées lors de sorties scolaires ou la question de la viande halal à la cantine, Vincent Peillon se veut prudent. Lors de sa conférence de presse de rentrée mercredi, le ministre a dit vouloir "créer un consensus", sur une question, qui selon lui "va très au delà du clivage gauche-droite".

Une mission de réflexion sera notamment installée à la rentrée pour "préciser la nature de cet enseignement", a-t-il d'ores et déjà indiqué. Le ministre a fixé "trois objectifs : qu'il y ait une cohérence depuis le primaire jusqu'à la terminale, que cet enseignement soit évalué, qu'il trouve un véritable espace".