La mission de la Boudeuse avortée

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La mission de la Boudeuse avortée
@ MAXPP
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Le trois-mâts goélette d'exploration doit interrompre sa mission pour cause d'endettement.

Ce devait être un emblème du Grenelle de la mer, c'est finalement un fiasco. La Boudeuse, un voilier censé explorer les mers du Sud pendant deux ans, n'a plus un centime. En conséquence, le navire qui longeait les côtes sud-américaines doit rejoindre la Martinique où il sera vendu aux enchères. Le capitaine Patrice Franceschi n’a pas d'autre choix pour rembourser une dette de près de 400.000 euros.

Les scientifiques embarqués à bord devaient explorer pendant deux ans les bassins des fleuves d'Amérique du sud, puis les îles du Pacifique. Etudier tout au long de ce périple les conséquences du réchauffement climatique et sensibiliser les populations locales à l'écologie.

Au départ de la mission en octobre, la totalité des budgets n’avaient pas été rassemblés, mais Patrice Francheski espérait pouvoir en trouver d’autres une fois les premières missions terminées. En vain. "Je ne suis pas dégoûté ce n’est pas ma nature, déçu certainement parce que cette mission en valait la peine", explique le capitaine. Et d'ajouter "nous avons 400.000 euros de dettes et l'argent promis par le ministère, 500.000 euros en janvier dernier, n'est pas arrivé. Nous devons définitivement affaler les voiles".

Polémique avec le ministère de l'Ecologie

Le ministère de l'Ecologie a réagi assurant qu'il avait "tenu ses engagements" vis-à-vis de la mission d'exploration du voilier La Boudeuse. "Je regrette sincèrement l'arrêt de cette mission scientifique et d'exploration pour laquelle je me suis personnellement engagé", a indiqué le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, dans un communiqué. Selon le ministère, qui estime avoir apporté à cette mission un "soutien significatif" sous la forme d'aides logistiques et de mise à disposition de militaires de la Marine Nationale, "aucune demande de subvention de 500.000 euros n'a été déposée auprès des services de l'État". En revanche, souligne le texte, l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) a, à la demande du ministère, accordé un premier soutien de 50.000 euros en 2009 et avait décidé d'un versement supplémentaire de 150.000 euros en 2010.