La métropole ne bénéficie pas toujours aux ultramarins

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La métropole ne bénéficie pas toujours aux ultramarins
Une grande majorité des jeunes originaires des DOM se dit prêt à quitter son territoire pour venir étudier en métropole.@ MAXPPP
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Migrer dans l’Hexagone est loin d’être avantageux pour les natifs des DOM de retour au pays.

Depuis plusieurs années, les DOM sont victimes d’une véritable fuite des cerveaux à l’avantage de la métropole. Un jeune originaire d’outre-mer sur cinq vivait ainsi en 2007 en métropole, rapporte mardi une étude sur "l'insertion professionnelle des jeunes ultra-marins" de l'Institut national des études démographiques (Ined).

La tendance ne devrait pas s'inverser dans les prochaines années. Ainsi la moitié des jeunes adultes ultramarins se disent prêts à quitter leur territoire s’ils trouvent un emploi ailleurs. Ils seraient ainsi 67% à envisager de partir de Martinique, 58% de Guadeloupe, 56% de Guyane et 41% de la Réunion. La raison ? Ils regrettent l’insuffisance de l’offre éducative et les chiffres du chômage, dont les jeunes sont les premiers touchés.

Restent sur le continent les plus diplômés

Pour autant, les natifs des DOM ne restent pas définitivement en métropole. Seuls les mieux "armés" pour s'insérer sur le marché du travail s’installent durablement, souligne l’Ined. La métropole retient ainsi les plus diplômés et ceux ayant un emploi. Les autres, moins qualifiés et plus précaires, "se replient plus ou moins rapidement dans leur DOM d'origine, alimentant un taux de chômage déjà très élevé", rapporte l’étude.

Mais "l'expérience de migration durable ne constitue pas, en soi, un avantage pour l'accès à l'emploi au retour" sur le territoire d’origine, prévient l'Ined. Le passage en métropole profite ainsi essentiellement à ceux qui ont acquis des diplômes, renforcé leur formation ou encire augmenté leur expérience professionnelle dans l’Hexagone.

Preuve encore que cette migration est loin d'être avantageuse, l'étude rapporte qu'il vaut mieux ne pas quitter le territoire. Ainsi, les natifs des DOM qui n'ont pas bougé affichent un taux de chômage moins important que les jeunes les moins diplômés qui retournent au pays.