La main d'œuvre est chère en France

  • A
  • A
La main d'œuvre est chère en France
@ MAX PPP
Partagez sur :

Selon deux études de l’Insee, la France fait bien partie des pays où le coût du travail est élevé.

Le coût du travail en France est-il un frein au développement de l’économie française ? La question est relancée suite à la publication mercredi par l’Insee de deux rapports sur le coût du travail en France.

Conclusion : la main d'œuvre est restée plus chère en France qu'en Allemagne entre 1996 et 2008. Seul le secteur de l’industrie est exclu de ce constat. Dans cette branche en effet, le coût tenant compte de la productivité a été réduit dans les deux pays, rapporte l’Insee. En moyenne, le coût de la main d’œuvre en France est évalué à 31,82 euros, dans les entreprises de 10 salariés et plus du secteur de l’industrie et des services marchands.

Des différences en fonction des secteurs

Concernant uniquement le secteur marchand, les travailleurs français sont plus chers (32,08 euros de l’heure) que les Allemands (26,81 euros). Même constat dans les services, l'écart est plus marqué encore entre la France et l’Allemagne. Outre-Rhin, le coût de la main d’œuvre est de 25,72 euros, alors qu’en France il s’élève à 32,08 euros. Ce qui place le pays dans le groupe des pays à fort coût, alors que l'Allemagne se trouve dans le groupe moyen.

Le coût horaire est en revanche le même dans l'industrie pour les deux pays, autour de 33 euros, ce qui les place tous deux dans le groupe à fort coût. L’industrie manufacturière, "la France et l’Allemagne sont au même niveau", indique l’étude de l’Insee. Dans certains secteurs, comme l'industrie automobile, le coût horaire allemand reste "le plus élevé d'Europe".

Le coût du travail supérieur dans les grandes entreprises

Le coût horaire croît en outre avec la taille de l'entreprise. Dans les entreprises industrielles hexagonales de plus de 1.000 salariés, il est "supérieur de 50% à celui des entreprises de 10 à 49 salariés". Le coût double en Allemagne dans les grandes entreprises.

L'étude décortique également la structure du coût du travail et conclut "qu'à moyen terme le taux de cotisations sociales employeurs n'est pas un déterminant du coût horaire". "Seul le niveau global de taxe compte, pas la répartition entre cotisations sociales employeurs, cotisations sociales salariés et impôt sur le revenu", souligne l'Insee.

Par exemple, le Danemark, où les cotisations patronales ne représentent que 7% du coût de la main-d’œuvre, et la Suède, où elles atteignent 30%, ont au final des coûts horaires assez proches, le salarié danois payant beaucoup plus d'impôt sur le revenu.

Globalement au sein de l'UE, le coût "converge mais lentement", observe l'Insee. C'est en Irlande et en Grève que le coût horaire a augmenté le plus. Pour tirer des conclusions en termes de compétitivité, l'Insee compare les ratios entre le coût salarial et la production en volume. Les écarts de coût horaire au sein de l'UE "sont partiellement compensés par la productivité", note alors l'Insee.