La "Madoff" de Touraine était suivie

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La "Madoff" de Touraine était suivie
@ MAXPPP
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Selon son avocat, elle était prise en charge psychologiquement avant l'affaire.

Sylviane Hamon, une ex-employée de banque soupçonnée d'une escroquerie portant sur quelque trois millions d'euros, était suivie psychologiquement pour tenter de sortir du "maelström qu'elle n'arrivait plus à arrêter", a déclaré mardi à l'AFP son avocat, Philippe Ottavy.

"Un peu comme un joueur"

Me Ottavy avait rencontré Sylviane Hamon, baptisée la "Madoff" de Touraine par les médias, peu avant sa mise en examen pour abus de confiance et son placement en détention provisoire, le 27 décembre. "Elle était déjà en prise en charge psychologique pour essayer de trouver les raisons pour lesquelles elle avait besoin de faire ce truc-là, elle était partie dans une espèce de maelström qu'elle n'arrivait plus à arrêter", a-t-il expliqué, confirmant une information de la Nouvelle République.

"C'est un peu comme les joueurs", a-t-il poursuivi. "Le joueur qui cherche un plaisir dans l'attente du gain ou dans l'impatience du numéro qui va sortir, elle avait ça sur l'argent qu'elle brassait", selon lui. "C'est le mécanisme qui la tenait plus que le but final".

Elle coopère

Selon Me Ottavy, Sylviane Hamon a "distribué beaucoup d'argent, il y a des gens qui au départ ont reçu des sommes importantes".L'ex-conseillère municipale de Benais, licenciée de la BNP en 2007, est soupçonnée d'avoir soutiré à plusieurs dizaines de personnes de son entourage un total de près de trois millions d'euros, en leur promettant des placements à des taux atteignant 10 à 30%.Selon le schéma des escroqueries pyramidales, les intérêts versés aux premiers "investisseurs" étaient payés par les capitaux investis par les nouveaux arrivants.

Une trentaine de personnes de tous âges ont déjà déposé plainte ou sont sur le point de le faire. Sylviane Hamon "coopère de façon particulièrement libre et active avec l'instruction, ce qui démontre bien qu'il y a eu une prise de conscience", selon son avocat. "Il fallait que ça arrive pour qu'elle s'en sorte. C'est un peu comme un drogué qui, un moment donné, sait bien qu'il ne peut pas s'en sortir seul".