La liste noire du PSG irrite la CNIL

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La liste noire du PSG irrite la CNIL
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Une mise en demeure a été adressée au club de la capitale en raison de son fichage, interdit, de supporteurs.

L’INFO. Il s’appelle Rodrigue. Ce n’est pas la nouvelle recrue du PSG mais un logiciel dont le club s'est servi pour ficher ses supporters. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a annoncé lundi avoir mis en demeure le Paris SG en raison de l'existence d'une liste d'exclusion de supporteurs. La Cnil rappelle que "tout fichier d'exclusion est soumis à son autorisation préalable compte tenu des conséquences qu'il emporte sur les droits et libertés des personnes."

Un logiciel nommé Rodrigue. A l’origine de cette mise en demeure, la découverte par la CNIL en novembre 2012 d’un fichier non autorisé fichant les 800.000 personnes qui ont, un jour ou l’autre, acheté une place pour venir voir un match au Parc des Princes. Problème, pour 244 supporters, les mentions "interdits"  été accolée à leur nom, et "suspendus" pour plus de 2.000 autres. Les supporters "interdits" ne peuvent plus venir au stade par décision de justice tandis que les "suspendus" sont ceux que le club ne veut plus voir dans son enceinte, jugeant leur comportement contraire aux valeurs du club. Sauf que, le jour du contrôle de CNIL, aucun texte ne définissait clairement ce que sont les valeurs du club.

Supporteurs PSG, 930

© REUTERS

Des supporteurs black-listés. Et le PSG ne s’arrête pas là. Le fichier concernant les supporteurs de football était également transmis à la section Hand-Ball du club. Ce sont d’ailleurs des personnes souhaitant acheter des places pour des matches de Hand-Ball du PSG qui se sont aperçues qu’elles étaient black-listées. La Cnil demande également au PSG "de cesser de communiquer" au Paris Handball "des informations relatives aux personnes exclues dans la sphère du football".

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Une "petite victoire" pour les abonnés. De leur côté, les abonnés parisiens affichent leur satisfaction. "C'est une petite victoire, notamment parce qu'on ne s'attendait pas à ce que ce soit notifié publiquement", a réagi James, porte-parole des anciens membres de l'association dissoute Liberté pour les Abonnés. "Mais ça n'est qu'une petite victoire parce qu'on ne peut toujours pas supporter notre club comme on le souhaiterait", a-t-il ajouté, rappelant des cas d'annulation de places ou les arrêtés préfectoraux réguliers interdisant aux supporteurs parisiens d'assister aux matches à l'extérieur en dehors du déplacement organisé par le club.

Un bras de fer juridique ? La CNIl donne un mois au PSG pour régulariser sa situation, sous peine d’une amende pouvant monter jusqu’à 300.000 euros, et peut-être des poursuites en justice. Le club parisien a fait savoir lundi dans un communiqué qu'il entendait contester "les fondements" de la mise en demeure, se réservant la possibilité de saisir le Conseil d'Etat.