La légionellose au cœur d'un procès

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La légionellose au cœur d'un procès
@ Max PPP
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L'épidémie autour d'une usine pétrochimique de Lens avait fait 18 morts en 2003 et 2004.

Les familles des victimes attendent ce moment depuis neuf ans. Le procès de l'épidémie de légionellose, qui avait fait au total 83 victimes, dont 18 morts, fin 2003-début 2004 dans le Pas-de-Calais, s'est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Béthune. Europe1.fr revient sur cette épidémie de légionellose sans précédent.

Qu'est ce que la légionellose ? La légionellose est une infection pulmonaire grave, mais non contagieuse, provoquée par une bactérie qui prolifère dans l'eau tiède ou chaude. La contamination se fait par inhalation de micro-gouttelettes d'eau contaminées provenant généralement des systèmes de refroidissement par voie humide et des réseaux d'eau.

Dans quelle région s'est propagée cette épidémie ? La légionellose s'était répandue en deux vagues, de novembre 2003 à janvier 2004, dans l'ancien bassin minier lensois autour de l'usine pétrochimique Noroxo, à Harnes. Sur le banc des prévenus figurent ainsi la société Noroxo, son directeur général de l'époque et la société GE Water & Process Technologies, chargée du traitement de l'eau sur le site.

Quels sont les chefs d'accusations contre les entreprises ? Les deux sociétés répondent d'homicides et blessures involontaires par non-respect d'une obligation de sécurité. Un arrêté préfectoral du 17 décembre 2001 imposait en effet à l'exploitant la fermeture du système de refroidissement en cas d'une concentration en bactéries légionelles supérieure à 100.000 Unités formant colonies par litre (UFC/l).

Or, Noroxo - qui conteste la légalité de ce texte - avait privilégié la poursuite de l'activité et choisi un traitement biocide pour désinfecter ses deux tours aéroréfrigérantes. Une décision qui intervenait malgré des prélèvements révélant en octobre 2003 des concentrations plus de sept fois supérieures au seuil autorisé (730.000 UFC/l).

Concrètement, que reproche-t-on aux sociétés ? Ce n'est que sur injonction de la préfecture que l'usine avait finalement fermé en décembre 2003 pour nettoyage des tours. Une nouvelle fermeture était intervenue en janvier 2004 en raison d'une réapparition de la maladie, probablement à la suite des opérations de nettoyage, réalisées par une société non spécialisée à l'air libre et sans protection.

GE Water & Process Technologies, qui avait supervisé cet assainissement, aurait pour sa part failli à sa mission de conseil en n'alertant pas Noroxo sur le nécessaire arrêt de ses installations.

Qu'en disent les victimes ? Les familles des victimes demandent des réponses et exigent des sanctions contre les responsables. "On voudrait qu'on nous explique pourquoi autant de dérives au niveau de ces taux qui ont été relevés par la Drire. Qu'on mette quelques jours à arrêter une usine alors qu'il y avait déjà quelques décès, moi je trouve ça aberrant. Tout ça pour une négligence professionnelle", commente François Delaby, le fils d'une victime qui préside l'Association des victimes de l'épidémie de légionellose de Lens, au micro d'Europe 1.

"Cela fait neuf ans que nous souffrons et que nous nous battons. (...) Nous ne pouvons pas admettre qu'on nous ait tué les nôtres ou qu'on les ait rendus victimes de cette maladie", a déploré Martine Delaby, la veuve d'une des victimes. "Ce drame aurait pu être évité. Nous ne sommes pas victimes par accident".