La langue Corse bientôt officielle ?

  • A
  • A
La langue Corse bientôt officielle ?
L'instauration de la coofficialité de la langue corse et du français, qui risque d'être invalidée par le Conseil constitutionnel, a été décidée vendredi soir à Ajaccio par l'Assemblée de Corse, au terme de deux jours de débats.@ MaxPPP
Partagez sur :

L'Assemblée de Corse a voté sa coofficialité avec le Français. Reste l'épreuve du Conseil constitutionnel.

Le vote. L'instauration de la coofficialité de la langue corse et du français a été décidée vendredi soir à Ajaccio par l'Assemblée de Corse, au terme de deux jours de débats. Les "Propositions pour un statut de coofficialité et la revitalisation de la langue corse" présentées par le Conseil exécutif de la Collectivité territoriale, dont la majorité est de gauche, ont été approuvées par 36 des 51 voix de l'assemblée. Onze conseillers territoriaux, de droite comme de gauche, n'ont pas participé au vote et quatre se sont abstenus.

Garantir l'emploi officiel du français et du corse. Ce dispositif prévoit l'utilisation de la langue corse dans tous les domaines de la vie publique, économique et sociale (éducation, services publics, médias). Visant à "protéger, encourager et normaliser l'usage du corse dans tous les domaines et garantir l'emploi officiel du français et du corse à parité", il prévoit aussi un vaste plan de formation, notamment des personnels de la fonction publique. Les 15 élus nationalistes se sont félicités de l'adoption du texte qui divisait la majorité de gauche de l'assemblée territoriale, la droite étant opposée. Les communistes ont déclaré approuver globalement le dispositif mais ont  souhaité assouplir les dispositions relatives au recrutement des fonctionnaires.

Vers une censure des Sages ? Certains élus de gauche se sont opposés à la réforme, au prétexte que l'on ne peut pas "imposer" un tel dispositif qui "ne franchira pas l'écueil constitutionnel". Si le vote a été applaudi par la plupart des élus présents, nombre d'entre eux n'ont pas dissimulé leur scepticisme sur la possibilité de faire entériner cette réforme par le conseil constitutionnel, alors que, contrairement à l'engagement de campagne pour l'élection présidentielle du candidat François Hollande, la France a récemment refusé de ratifier la charte européenne des langues minoritaires.