La justice s'oppose à l'euthanasie passive de Vincent Lambert

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La justice s'oppose à l'euthanasie passive de Vincent Lambert
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LA DÉCISION - Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a suspendu jeudi la décision des médecins du tétraplégique.

L'info. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a suspendu jeudi la décision des médecins de ne plus soigner Vincent Lambert pour le laisser mourir. Le trentenaire, tétraplégique et en état de conscience minimale, continuera donc à être alimenté et hydraté.

"La poursuite du traitement pas inutile". Mercredi, à l'audience, le rapporteur public s'était prononcé pour le maintien en vie de Vincent Lambert au motif que la conscience du patient existe. Le tribunal a donc suivi cet avis, jugeant "que la poursuite du traitement n'était ni inutile, ni disproportionnée et n'avait pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie et a donc suspendu la décision d'interrompre le traitement". Pour les juges, "c'est à tort que le CHU de Reims avait considéré que M. Lambert pouvait être regardé comme ayant manifesté sa volonté d'interrompre ce traitement".

Une "victoire" pour les parents. "On a sauvé la vie de Vincent", a estimé Me Paillot. "C'est une victoire du droit, c'est une lecture de la loi Leonetti à la lumière de la dignité. C'est une victoire pour tous les handicapés", a-t-il ajouté. "Le tribunal a reconnu que Vincent n'était ni malade ni en fin de vie et la loi ne pouvait pas s'appliquer. Dans le cas de Vincent les éléments pour arrêter l'alimentation ne sont pas réunis", a conclu l'avocat.

Un appel de l'épouse de Vincent Lambert ? . La décision du tribunal administratif rajoute "de la violence à la violence", a réagi Rachel Lambert, l'épouse du patient hospitalisé, pour qui "le laisser partir est l'ultime preuve d'amour qu'on peut lui apporter". François Lambert, le neveu de Vincent, qui avait affirmé jeudi matin sur Europe 1 que Vincent Lambert "n'aurait pas voulu vivre comme ça", s'est lui dit sonné par la décision. "Je soutenais l'équipe médicale même si je n'ai pas une envie particulière que Vincent meure. Ça me semble très étrange que l'auteur de la loi [Leonetti sur la fin de vie] s'applique à Vincent et que le tribunal dit le contraire", a-t-il estimé après l'annonce. François Lambert et Rachel, l'épouse de Vincent, pourraient décider de faire appel de ce jugement. "Mon avocat pense que nous avons des chances sérieuses au Conseil d'Etat", a-t-il précisé. Le neveu de Vincent Lambert attendra néanmoins de savoir ce que décidera le CHU de Reims.

Touraine veut une nouvelle loi. "A l’évidence, la loi ne suffit pas. Elle comporte des ambigüités qu’il faut lever", a réagi la ministre de la Santé, Marisol Touraine, sur Europe 1. "On voit bien qu’il y a des appréciations différentes de la loi actuelle. Au-delà de la situation de Vincent Lambert, il y a des attentes très fortes. On souhaite pouvoir mourir comme on a vécu, dans la dignité. Je vais engager des concertations, des consultations. Et puis viendra le moment où nous arbitrerons et nous proposerons une loi", a-t-elle annoncé.

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