La journée de solidarité… en pagaille

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La journée de solidarité… en pagaille
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Travaille ou travaille pas ? A quoi servent les fonds de cette journée ? Le détail.

Le lundi de Pentecôte n’est pas un jour comme les autres : il n’est ni férié, ni une journée travaillée. Europe1.fr fait le point sur ce qu’est cette journée de solidarité.

Le libre choix

Historique. D'où vient cette "journée de solidarité" ?Après la canicule de 2003 qui avait causé la mort de 15.000 personnes et révélé les carences de la prise en charge des personnes âgées en France, le gouvernement Raffarin avait fait du lundi de Pentecôte un jour "travaillé par solidarité", c'est-à-dire non rémunéré. Mais le fait de choisir ce jour précis avait fait polémique. Organisateurs de manifestations sportives ou de ferias en premières lignes avaient manifesté leur colère alors que le lundi de Pentecôte est traditionnellement un jour de fête.

C’est pourquoi il a été décidé de modifier la loi. Depuis avril 2008, elle ne fait donc plus référence au lundi de Pentecôte et laisse désormais les entreprises libres de l'organisation de la "journée de solidarité". Nombre d'entre elles continuent de choisir cette date et en font une journée travaillée ordinaire, tandis que certaines en font cadeau aux salariés.

Protestation. Le libre choix est-il satisfaisant ?Malgré les assouplissements intervenus en 2008, "cela continue d'être le bazar, de désorganiser la société", estime Joseph Thouvenel de la CFTC. Le syndicat a déposé un préavis national de grève lundi pour dénoncer "une véritable injustice" et protester contre le "travailler plus pour ne rien gagner".

A quoi sert-il ?

Contribution. Les fonds du lundi de Pentecôte sont-ils entièrement dédiés aux personnes dépendantes ? Depuis la mise en place de cette "journée de solidarité", les employeurs doivent verser à l'Etat une contribution de 0,3% de la masse salariale. Ces fonds vont à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), qui finance des mesures en faveur des personnes dépendantes (âgées ou handicapés). En 2009, 2,21 milliards d'euros ont été récoltés contre 2,29 milliards en 2008, en raison de la crise.

Seulement pour certains, les personnes dépendantes ne sont pas les seules à bénéficier de cet argent qui leur est pourtant destiné entièrement dans les faits. Des associations s'occupant de personnes fragilisées et l'AD-PA - l'association des directeurs de maison de retraite - accusent depuis deux ans l'Etat de "détourner" des crédits de la caisse pour l'autonomie afin de combler le déficit de la Sécurité sociale.

En réponse, le gouvernement a assuré que les sommes récoltées étaient bien dépensées ou mises de côté pour les personnes dépendantes.

Légifération. Va-t-on une réforme de la prise en charge de la dépendance ? Promis par Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle, ce chantier devait faire l'objet d'un projet de loi dès 2008. Début 2010, le président a indiqué que le dossier ne serait abordé "qu'une fois la réforme des retraites achevée". Le rapporteur de la loi instituant la journée de solidarité, le député UMP Denis Jacquat, se fixe pour horizon "le 1er trimestre 2011". Il estime que "de nouvelles ressources sont nécessaires".

Deux millions de personnes seront âgées de plus de 85 ans en 2015, contre 1,6 aujourd'hui. Pour la CFTC, il faut "un effort financier de tous" alors que la journée de solidarité repose "quasi exclusivement sur les seuls salariés".