La fronde des procureurs généraux

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La fronde des procureurs généraux
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Le vent de révolte qui secoue la magistrature s'étend désormais à la haute hiérarchie.

Une cinquantaine de tribunaux déjà en grève et d'autres qui pourraient suivre, notamment à Paris où une assemblée générale est prévue lundi. La fronde du personnel judiciaire contre les déclarations de Nicolas Sarkozy s'étend à tout le pays. Mais pour la première fois, la haute hiérarchie de la magistrature s'est déclarée solidaire avec les magistrats de Nantes.

Les procureurs généraux sont révocables à tout instant, soumis au pouvoir politique et pourtant cette fois ils n'hésitent plus à parler. La Conférence nationale des procureurs généraux a dénoncé lundi l'insuffisance critique de moyens.

Une course aux chiffres et aux statistiques

Dans un communiqué acerbe, ils regrettent que la responsabilité des magistrats et des fonctionnaires ait été "publiquement et immédiatement affirmée". Les procureurs généraux dénoncent également des réformes législatives "ininterrompues et complexes, voire divergentes (...) tandis que les moyens humains et matériels sont chaque jour davantage contraints" et engendrent des situations à risque.

Loin des micros et des caméras, le discours est encore plus direct. Les procureurs généraux dénoncent la nouvelle loi pénitentiaire qui prévoit le contraire des peines planchers instaurée en 2009, la réforme de la carte judiciaire imposée aux forceps et ratée. Mais aussi une course aux chiffres et aux statistiques qu'ils sont obligés de mener pour espérer obtenir des moyens dans leurs tribunaux. Pour les plus hauts magistrats du parquet, le bricolage ne suffit plus.