La France souffre d'un manque d’IRM

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La France souffre d'un manque d’IRM
L'IRM est de plus en plus utilisée dans un certain nombre de spécialités médicales.@ CHARITE / Berliner Universitätsklinikum
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Ces équipements d’imagerie médicale sont pourtant très utilisés en cancérologie.

Mieux vaut habiter dans le Nord Pas-de-Calais qu’en Normandie pour passer une IRM. La France, en retard en matière d’équipement d’Imagerie par résonnance magnétique, voit en effet ses inégalités régionales se creuser. Il faut attendre en moyenne 29 jours avant d’avoir un rendez-vous pour un examen IRM, voire 50 et plus dans certaines régions comme la Normandie, la Bretagne, la Corse, l’Auvergne ou le Limousin.

Ces équipements permettent pourtant, entre autres, de mesurer l’étendue d’un cancer, explique à Europe 1 le professeur Frank Boudghene, de l’hôpital Tenon, qui fait partie des responsables de la Société française de radiologie. "On adapte les traitements en fonction des résultats de cette technique", indique-t-il, inquiet du risque de "perte de chance" pour le patient, ou que cela conduise à prescrire un traitement qui n’est pas forcément le meilleur.

"Injustices" de traitement

"Il faut éviter qu'il y ait des inégalités de traitement sur le territoire, des injustices d’une certaine façon", déplore-t-il. Pour l’heure, seules quatre régions, l’Île-de-France, Rhône-Alpes, la Champagne-Ardennes et le Nord-Pas-de-Calais, comptent plus de 10 appareils par million d’habitants.

On est donc loin des objectifs du plan Cancer 2, qui préconisait 10 IRM par million d’habitants dans toutes les régions, et 12 d’ici 2013 dans les dix régions où la mortalité par cancer est la plus élevée.

La France loin derrière l’Allemagne

D’après l’enquête menée pour le compte de l’association Imagerie Santé Avenir, qui représente les industriels du secteur, la France compte au total 9,8 IRM par million d’habitants, loin derrière l’Allemagne, qui en compte 27 par million. Pour rattraper le retard, il devrait y avoir 1.260 IRM en France, contre 618 actuellement.

Il y a donc urgence, d’autant plus que l’IRM est de plus en plus utilisée, non seulement en cancérologie, mais aussi en neurologie et dans d’autres spécialités médicales. Entre 2009 et 2011, son usage a ainsi bondi de 23% en cardiologie, et de 14% pour les examens du sein.