La fin des faux permis bateau ?

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La fin des faux permis bateau ?
Plus de 6.000 faux permis bateaux auraient été illégalement délivrés en trois ans par la direction régionale des affaires maritimes de Marseille dont un cadre a été mis en examen.@ Maxppp
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A Marseille, un réseau soupçonné d'avoir délivré des milliers de licences illicites est jugé.

Le procès d'une douzaine de personnes soupçonnées d'avoir délivré frauduleusement des permis bateau dans la cité phocéenne entre 2004 et 2007 contre de l'argent s'ouvre lundi au tribunal correctionnel de Marseille. Plusieurs milliers de licences auraient ainsi été accordées illégalement pendant trois ans à la Pointe Rouge, à L'Estaque ou encore sur la Canebière. Parmi les prévenus mis en examen pour corruption, figure notamment un officier de la marine marchande.

"Il faut rencontrer la bonne personne"

Pendant des années, il n'était ainsi pas si compliqué d'obtenir le précieux sésame du permis bateau, sans avoir à passer le moindre examen. Tout n'était qu'une question de relations.

C'est exactement ce qui s'est passé pour Serge. Commerçant sur le Vieux-Port, ce dernier a obtenu son permis côtier sans jamais prendre un seul cours. "Je ne sais pas où est tribord, ni où est babord. Mais bon je l'ai eu, voilà. J'ai quand même navigué. Je faisais attention", raconte-t-il au micro d'Europe 1.

Et lorsqu'on demande à Serge si ce phénomène était fréquent à l'époque à Marseille, le plaisancier répond : "oui. Les gens qui connaissaient les personnes en poste avaient la possibilité d'avoir le permis moyennant une petite somme. Pour 500, 1.000, 1.500 euros, on peut vous accorder votre permis bateau. Il faut rencontrer la bonne personne au bon endroit", confie-t-il.

La fraude toujours possible ?

Le système a été stoppé en 2008 avec la réforme du permis, qui rend la fraude plus difficile, puisque désormais les moniteurs assurent seuls la formation pratique. Néanmoins, sur les 6.000 permis délivrés pendant trois ans, tous n'ont pas été saisis. Ils sont donc sans doute encore des centaines à naviguer avec des faux permis, et compte tenu des lourdeurs administratives, ces plaisanciers pourraient ne jamais être inquiétés.