La crise pèse sur les vacances

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La crise pèse sur les vacances
Les Français partiront seulement 18 jours en moyenne en vacances contre 23 jours l'an dernier.@ MaxPPP Patrice Magnien
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66% des Français ont l’intention de prendre des vacances en 2011. Ils étaient 72% en 2010.

Trois millions de Français, partis l’an dernier en vacances, y renonceront cette année. Tel est le le résultat d’une étude rendue publique mercredi matin par le cabinet Protourisme. Ainsi, en 2010, 72% des Français interrogées avaient fait part de leur intention de partir en vacances contre 66% cette année.

Le budget moyen alloué aux vacances s’élève à 2.079 euros. Il est en baisse de 7,2% par rapport à l’année précédente. En 2011, le niveau de dépenses quotidien sera de 99 euros, identique à 2010, mais les Français partiront seulement 18 jours en moyenne en vacances contre 23 jours l'an dernier.

Des économies sur les sorties, les souvenirs et l’hébergement

En cause, la crise qui pousse les Français à se serrer de plus en plus la ceinture. Didier Arino, co-gérant du cabinet Protourisme, explique qu’une personne au chômage a "un impact sur les budgets vacances de 6 personnes de son entourage". Cela peut-être des parents ou des grands parents qui préfèrent venir en aide financièrement à leurs proches plutôt que de dépenser pour leurs congés.

Les vacanciers rogneront en priorité sur les sorties au restaurant, ainsi que sur les achats de cadeaux et souvenirs. Autre poste sur lesquels près de la moitié des partants entendent faire des économies : l’hébergement.

Sont privilégiés les séjours chez les amis, les membres de la famille ou dans les résidences secondaires. Les campings, qui voient leur réservation augmenter pour cet été, sont très prisés.

Une France à deux vitesses

L’étude de Protourisme révèle néanmoins des disparités. En effet, ceux qui partent partiront plus qu’il y a deux ans. Parmi ces privilégiés figurent les catégories supérieures, les cadres et les Franciliens qui profiteront beaucoup plus des vacances que les retraités ou les ruraux.

D’où ce constat : "Il y a une France a deux vitesses avec une partie de la population qui a les moyens de partir plus, et une autre partie qui, pour pouvoir partir en vacances, fait très attention à ses budgets", estime Didier Arino.

Parmi ces Français qui ne partent pas figurent les chômeurs, les familles mono-parentales ou les salariés précaires. “Le budget vacances est celui qu’on remplit une fois qu’on a payé tout le reste", rappelle Didier Arino.

La crise au Maghreb pourrait profiter aux professionnels français

Les professionnels français du tourisme espèrent néanmoins un renversement de la tendance. En effet, les évènements au Maghreb vont pousser les touristes européens à se reporter vers des destinations plus sûres, dont la France. L’Hexagone constitue en effet pour eux la destination "la plus proche, la plus sûre et la plus diversifiée".

Autre exemple de cette tendance, les réservations dans les clubs de vacances moyenne gamme et haute gamme ont augmenté ces dernières semaines, très demandées par les vacanciers qui souhaitaient partir à l’étranger mais ont finalement décidé de se replier sur la France.