La commerçante braqueuse rejugée

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La commerçante braqueuse rejugée
En première instance, Fabienne Levy avait été condamnée à dix ans de prison.@ MAXPPP
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Cette quinquagénaire s'était mise à braquer des banques pour se "venger du système".

Fabienne Levy aura-t-elle un comportement différent pour son deuxième procès ? Cette femme de 53 ans, ancienne commerçante reconvertie dans les braquages de banques, s'était illustrée par son attitude outrancière lors de son premier procès, en 2010. Condamnée à dix ans de réclusion criminelle, quand l'avocat général n'en requérait que neuf, elle avait hurlé au "scandale" à l'énoncé du verdict des assises de la Moselle, à Metz.

Lundi, elle s'est montrée plus calme à Nancy, au premier jour de son procès en appel. Avec elle dans le box des accusés, son fils, Jérémie, 21 ans, qui répondra de complicité et qui avait écopé de cinq ans de prison, dont deux avec sursis, en première instance. Fabienne Levy est accusée de vols à main armée dans deux agences bancaires en Allemagne, en janvier et octobre 2006, et dans deux autres en France, en 2006 et 2007. Montant total du butin : 175.000 euros.

Prison ferme pour vol de voiture

La vie de cette ancienne gérante de magasins de prêt-à-porter en Moselle, décrite comme intelligente, commence à déraper quand elle est condamnée par les prud'hommes à verser 76.000 euros à une ancienne employée. Elle fait alors faillite, puis divorce. L'ex-commerçante rencontre un nouveau compagnon, qui l'entraîne dans un vol de voiture qui lui vaudra une première fois de la prison ferme.

Cette expérience carcérale nourrit en elle un désir de "se venger du système judiciaire et du système bancaire", ce dernier ne lui ayant pas permis de remonter la pente après sa faillite. C'est pour cette raison, dit-elle, qu'elle se met à braquer des banques. Avec l'argent des hold-up, elle finance pour son fils une maison close en Allemagne, dont il était le gérant.

Des soins psychologiques "inutiles"

En première instance, Fabienne Levy avait reconnu les faits et affirmé qu'elle ne regrettait rien. Elle qui commettait ses braquages avec une perruque, des lunettes et un pistolet à poivre, s'exprimant en allemand, avait assuré "n'avoir jamais été violente". "Je leur disais 'Bonjour' en arrivant", expliquait-elle en 2010 à ses premiers juges.

Devant eux, elle s'était montrée pleine d'aplomb, voire insolente, jugeant notamment les soins psychologiques "inutiles", puisqu'elle avait "appris à vivre avec des abrutis". "Et en plus, il n'y a pas de traitement pour cela", avait-elle lancé. 

Les débats de son nouveau procès sont couverts par un huis clos restreint, à sa demande. Le verdict est attendu jeudi.