La CNIL épinglée par la Cour des comptes

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La CNIL épinglée par la Cour des comptes
Alex Türk, le président de la CNIL, se dit "un peu sidéré"@ MAX PPP
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La juridiction dénonce la rémunération de plusieurs salariés dont celle du président.

51.000 euros de trop-perçu. C’est le montant que le président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), Alex Türk, a accepté de rembourser le 20 janvier à la Cour des comptes, selon les informations publiées par Le Monde.

Dans ce rapport "d'observations provisoires", les magistrats de la Cour reprochent à Alex Türk, d’avoir touché en plus de son indemnité de base de 3.200 euros par mois, « des indemnités forfaitaires par séance ainsi que des vacations qui ont représenté un montant moyen de 1.800 euros par mois".

Le président de la CNIL ne nie pas cette "réévaluation" de son indemnité, de celle du vice-président et des 17 commissaires. Pour sa défense, il explique avoir décidé cette augmentation il y a trois ans en constatant "l'augmentation considérable de la charge de travail" de l'organisme.

"Je n'ai pas volé cet argent"

Alex Türk précise que cette indemnité supplémentaire a reçu "l'accord du comptable de Matignon", tout en soulignant qu'il est beaucoup moins payé que d'autres présidents d'autorités comparables comme le CSA ou l'Autorité des marchés financiers (AMF).

"Ce qu'on vient me dire, déplore-t-il, c'est +vous êtes sous-payé, tout le monde le sait, mais vous n'avez pas choisi le bon fondement juridique pour cette augmentation+". "Je suis un peu sidéré. Je ne l'ai pas volé cet argent, ce n'est pas un emploi fictif, tout le monde dit que j'ai bossé comme un damné depuis 7 ans", a-t-il réagi.

En revanche, le président de la CNIL refuse d'exiger de ses collaborateurs, actuels et passés (une centaine environ), le remboursement des trop-perçus.

L'absence de "cap clair" de la CNIL

Autre regret de la Cour des comptes dans ce document confidentiel, l’absence de " cap clair" de la CNIL. L’autorité indépendante n'offre pas "une présentation rigoureuse et objective de ses missions" et "peine à produire un discours intelligible".

Dans un communiqué, la Cour des comptes observe que les documents cités par Le Monde "correspondent à une version provisoire et confidentielle" de ses travaux et ne permettent pas de préjuger de ses observations définitives.