L'"ostéo des stars", Pierre Pallardy, condamné à10 ans de prison

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L'"ostéo des stars", Pierre Pallardy, condamné à10 ans de prison
@ Max PPP
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Pierre Pallardy, jugé pour agressions sexuelles et viols, a fait un malaise à l'annonce du verdict.

Alors que l'accusation avait requis 12 ans de prison ferme contre lui, Pierre Pallardy a finalement été condamné à 10 ans ferme par la cour d'assises de Paris. Il a été en outre interdit d'exercer définitivement et sera inscrit sur le fichier des délinquants sexuels. L'ex-ostéopathe des stars était jugé depuis début octobre pour viols et agressions sexuelles sur 19 anciennes patientes. Au total, Pierre Pallardy a été reconnu coupable de cinq viols et sept cas d'agressions sexuelles commis entre 2003 et 2006.

Écroué juste après le verdict. Le condamné, qui comparaissait libre et n'avait pas fait de détention préventive, sera automatiquement incarcéré même s'il venait à faire appel. Il sera éventuellement incarcéré dans une prison-hôpital, en fonction de la gravité de son état. Car à l'annoncée du verdict, qui est intervenu après plus d'une heure d'attente, l'ancien "ostéo du tout Paris" a fait un malaise.  Il a été évacué de la salle.

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Pallardy a bien usé de son autorité. Pourtant, Pierre Pallardy, aujourd'hui âgé 72 ans, s'attendait à une peine plus lourde. L'accusation avait en effet requis contre lui 12 années de réclusion au moins, affirmant qu'il avait usé de "son autorité et sa notoriété" pour "infantiliser" des femmes présentant des "fragilités", et pour mieux abuser d'elles. L'accusation s'était également appuyée sur les témoignages très détaillés des plaignantes, soulignant à quel point leurs récits étaient "similaires" concernant le déroulement des faits au cabinet de Pallardy, dans sa maison d'une voie privée du XVIe arrondissement de Paris. Au cours du procès, toutes les plaignantes avaient rapporté le même scénario : seins nus, Pierre Pallardy leur pratique d'entrée un douloureux massage du ventre qui les laisse sonnées. Ensuite, il leur prend les seins dans les mains, les embrasse, se livre à des attouchements sur le sexe, voire tente des pénétrations.

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Absence de "preuves objectives" selon la défense. Les avocats de la défense avaient de leur côté plaidé l'acquittement, et surtout demandé un verdict "juste". Ils avaient a contrario souligné que le nombre des plaignantes "ne fait pas la vérité". Et, en l'absence de "preuves objectives", ils avaient rappelé à la cour que "le doute doit profiter à l'accusé". Dans ce dossier, et "c'est très rare, il n'y a que des déclarations, on s'est contenté uniquement des déclarations, exclusivement des déclarations", avait lancé Me Hervé Témime l'un des avocats de Pierre Pallardy. Le conseil demandait donc à la cour "d'être juste".

La défense douteuse de Pallardy. Tout au long des trois semaines d'audience, Pierre Pallardy a nié les faits, arguant que les plaignantes s'étaient méprises sur des gestes thérapeutiques de "méthode puissante et dangereuse", qui pouvaient en outre faire ressurgir des souvenirs enfouis de violences sexuelles. L'homme, habitué des plateaux télés, arguait également que ses patients avaient fait des "transferts" sur sa personne.

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Mais le plus surprenant dans sa défense repose sur le témoignage de sa femme. L'ancienne mannequin a affirmé à la barre que son mari était impuissant depuis le début des années 2000. Une date qui arrangeait bien l'accusé, puisque les agressions sexuelles et les viols présumés ont tous eu lieu après 2003.