L’isolement, un mal qui ronge les personnes âgées

  • A
  • A
L’isolement, un mal qui ronge les personnes âgées
@ MaxPPP
Partagez sur :

ABANDON - Une étude de la Fondation de France montre que cinq millions de personnes sont touchées par la solitude.

L’été est parfois synonyme de vacances en famille. Mais pour certains, cette période exacerbe leur solitude. En effet, la Fondation de France publie lundi son rapport 2014 sur les Solitudes et alarme sur l’augmentation de 25% du nombre de Français isolés entre 2010 et 2014 : aujourd’hui, la solitude "subie, durable, objective", touche cinq millions de personnes. Et parmi eux, 27% ont plus de 75 ans.

Un problème qui dépasse la démographie. Selon le rapport 2010 de la Fondation de France, 16% des personnes isolées avaient plus de 75 ans, ils sont dorénavant 27%. Un problème qui ne se limite pas à l’augmentation du nombre de personnes âgées, selon l’étude, mais qui montre un véritable délitement du lien social. Francis Charhon, directeur général de la Fondation de France, explique au Parisien qu’"il y a de plus en plus de personnes âgées qui n'attendent plus que le facteur, qui n'apporte que des factures".

Un phénomène généralisé. Contrairement aux autres tranches d’âges, la solitude touche les personnes âgées, sans distinction de revenus. Et les hommes et les femmes sont représentés à parts égales. D’autre part, la solitude arrive pour 36% des personnes interrogées avec la perte du conjoint, mais des couples ressentent également le phénomène, pointe le rapport. Autres éléments de séparation : l’éloignement ou l’absence d’enfants, un handicap qui réduit la mobilité ou l’absence d’un réseau de voisinage. Triste constat, la plupart des personnes en situation de solitude sont conscientes de leur situation, et même l’alimentent : près d’un tiers pensent que "les gens autour d’[eux] ne s'intéressent pas vraiment à [eux]."

Un problème national. La Fondation de France assure qu’en 2014, "un Français sur huit, soit cinq millions de personnes, est seul". De plus, un Français sur dix se sent exclu, abandonné ou inutile. Afin de pourvoir mener son étude, la fondation a défini cinq réseaux de sociabilité (familial, professionnel, amical, affinitaire ou de voisinage). Or, une personne sur trois n’a accès qu’à un seul de ces réseaux, rendant le risque d’un basculement dans la solitude très important.

sur-le-meme-sujet-sujet_scalewidth_460_scalewidth_460-1_scalewidth_460

CITATION - Sans enfants ? "C'est plus commode d'avoir un chien", ironise le pape

TEMOIGNAGE - Maltraitance en foyers : "écoutez les enfants"

ETUDE - La solitude tue chez les personnes âgées