L’hommage du grand rabbin de France

  • A
  • A
L’hommage du grand rabbin de France
@ MAXPPP
Partagez sur :

Gilles Bernheim s'est rendu dimanche à Vichy, où il a salué la mémoire des déportés et Justes.

C'est un symbole fort. En cette 65e Journée de la déportation, le grand rabbin de France Gilles Bernheim s'est rendu à Vichy, cité thermale transformée de 1940 à 1944 en capitale de l'Etat français, dimanche. Cette visite a "une portée symbolique évidente, d'autant qu'il n'y avait pas eu de visite d'un grand rabbin de France à Vichy depuis la guerre", a déclaré à Gilles Bernheim.

"Les Juifs de France gardent et garderont toujours en mémoire que si Vichy a abouti à une faillite morale, que si le gouvernement d'alors s'est déshonoré en contribuant à la perte d'un quart de la population juive de ce pays, les trois quarts doivent leur survie à la sympathie sincère des Français non Juifs et à leur solidarité agissante, surtout à partir du moment où ils ont compris que les familles juives tombées aux mains des Allemands étaient vouées à la mort", a-t-il rappelé.

"Je ne peux oublier qu'à quelques centaines de mètres de là, la mère de mon épouse, enfant, a vécu une très grande partie de la guerre", cachée en plein coeur de la ville, a déclaré le grand rabbin. "Je veux me souvenir de toutes les familles juives traquées mais soustraites aux recherches impitoyables de l'occupant et de la milice grâce à l'action simple héroïque et fraternelle de nombreuses familles françaises", a-t-il dit. "Certes il y a eu les erreurs commises, (...) la faute collective. Mais il y a aussi une certaine idée de la France, droite, généreuse, fidèle à ses valeurs de liberté, justice, tolérance, qui fondent l'identité française et nous obligent pour l'avenir", a-t-il conclu avant de poser, selon la tradition juive, un petit caillou blanc sur la stèle.

Sur les 75.721 Juifs déportés de France vers les camps nazis -dont 11.400 enfants - entre 2.500 et 3.000 ont survécu.

L'invitation exceptionnelle du grand rabbin s'inscrit dans le cadre des "Entretiens publics" organisés depuis 2001 par un écrivain de Vichy, Sylvain Beltran. Il veut "montrer que Vichy n'est pas seulement la période de Pétain : Napoléon III y venait souvent et il y a actuellement une vie culturelle très active".