L’enregistrement qui embarrasse Renault

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L’enregistrement qui embarrasse Renault
Mathieu Tenenbaum, un jeune cadre de 33 ans@ REUTERS
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Le document sonore - l’entretien de licenciement de Matthieu Tenenbaum - a été rendu public mardi.

Renault risque de payer longtemps la note du faux scandale d'espionnage. Mardi, Lexpress.fr a relancé l'affaire en rendant public l’entretien de mise à pied de Mathieu Tenenbaum, un des quatre cadres mis en cause à tort dans cette affaire.

La bande sonore a été enregistrée, en avril dernier. Christian Husson, le directeur juridique de Renault, reçoit froidement le jeune ingénieur de 33 ans et lui signifie son futur renvoi, dans ce qui ressemble à un véritable interrogatoire. "Soit tu me la joues 'Commissaire Moulin et le suspect qui nie tout', soit tu atterris dans plus de discernement", insiste le directeur assurant "tout savoir".

Un véritable interrogatoire

"Tu as donc deux options : soit tu nies tout et là on entre dans une voie qui est lourde, soit tu as plus de discernement et ça mène à une démission", martèle-t-il.

Face à lui, Mathieu Tenenbaum assure "tomber de l’armoire" et proteste de son innocence. "Ca ne va pas la tête !", lance même le cadre à son supérieur. "Un, c'est très mal me connaître et c'est très grave. Deux, je suis prêt à la voie que tu appelles dure. C'est-à-dire que vous pouvez faire tout ce que vous voulez, je suis prêt à la transparence, checkez tout ce que vous voulez... Mais jamais de la vie j'aurais donné quoi que ce soit, à n'importe qui en dehors... (...) Si la seule façon de rétablir la vérité, c'est la voie dure, je prendrai la voie dure", insiste-t-il.

Depuis, Mathieu Tenenbaum a été blanchi et réintégré par Renault. Christian Husson, lui, a été relevé de ses fonctions.

Les deux interlocuteurs se sont reparlés

Mais les deux hommes se sont croisés et ont longuement discuté, révèle Europe 1. L’ex-directeur juridique a alors présenté ses excuses à Mathieu Tenenbaum et lui a expliqué qu’il "avait fait le job".

Selon les informations d’Europe 1, Christian Husson avait été l’un des derniers prévenus dans cette fausse affaire d’espionnage. Renault lui avait remis le dossier ficelé, juste avant les vacances de Noël.

Mathieu Tenenbaum a accepté ses excuses et estimé que son ancien chef avait été "le produit d’un système mal réglé".