L'enquête sur Minute, une atteinte à la liberté de la presse ?

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L'enquête sur Minute, une atteinte à la liberté de la presse ?
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LE POINT DE VUE DE - Me Richard Malka et Christophe Barbier réagissent à l'affaire de la une polémique visant Christina Taubira.

L'INFO. Après sa Une controversée, l'hebdomadaire d'extrême-droite Minute est désormais sous le coup d'une enquête préliminaire pour injure publique à caractère racial. Ces investigations, souhaitées par Jean-Marc Ayrault et lancées par le parquet de Paris, sont-elles une entrave à la liberté de la presse ?

>> L'avocat Richard Malka et le directeur de L'Express, Christophe Barbier, réagissent au micro d'Europe 1.

richard malka

© MAXPPP

Me Malka : "le racisme est une limite. "Ce n'est pas du tout une atteinte à la liberté de la presse", assure Richard Malka, avocat de Charlie-Hebdo et spécialiste du droit de la presse. "Après, c'est le rôle du parquet et c'est le rôle du gouvernement, éventuellement, de dénoncer d'éventuelles infractions", poursuit le conseil. "Ce n'est pas non plus un problème de dénoncer des journaux quand ils commettent des délits. La liberté d'expression connaît des limites et le racisme en est une"

Christophe Barbier

© MAXPPP

Christophe Barbier : "c'est un tract politique". Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L'Express,  la demande du Premier ministre est "tout à fait normale". "Ce genre de bras de fer entre la presse d'un côté et le pouvoir politique de l'autre doit rester rarissime, évidemment", nuance toutefois le patron de presse. "Mais là, on n'est pas dans une Une qui porte une information. On est en présence d'un 'tract' politique, qui, sous couvert de faire du mauvais humour, est en fait une agression", souligne-t-il. "La liberté de la presse n'est pas un chèque en blanc pour dire n'importe quoi. La liberté de la presse renvoie chaque journal à sa déontologie. Si la déontologie n'existe plus et si toutes les barrières tombent, il est normal que les personnes qui se sentent agressées portent plainte", poursuit Christophe Barbier.

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