L'Elysée et le "scandale des miettes"

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L'Elysée et le "scandale des miettes"
Des agriculteurs à la retraite ont été entendus par la police après avoir envoyé un courrier à l'Elysée.@ Reuters
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Des agriculteurs ont été entendus par la police après avoir envoyé un courrier à l'Elysée.

Ils voulaient simplement se rappeler au bon souvenir du président de la République, après une pétition envoyée pendant la campagne présidentielle sur la faiblesse de leurs pensions de retraite. Plusieurs anciens agriculteurs de l'Aisne ont donc écrit début novembre à François Hollande. Mais certains d'entre eux ont glissé quelques miettes de pain dans leur courrier. Ils ont été entendus par la police.

"Ne laissez pas que des miettes aux anciens exploitants"

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A l'origine de l'initiative, Henri Carton, un ancien exploitant agricole de 73 ans qui entendait simplement alerter le chef de l'Etat sur la situation des agriculteurs retraité. "On a eu l'idée d'envoyer un courrier, où chacun mettait son nom, son adresse, son âge, ses années d'exploitation et le montant de sa retraite. On a mis des miettes, avec le slogan 'Ne laissez pas que des miettes aux anciens exploitants'. C'était pas mal trouvé", explique-t-il.

Environ 500 anciens agriculteurs de l'Aisne ont ainsi écrit à l'Elysée, mais aussi à Matignon, début novembre. Ils étaient loin de se douter que le contenu de certaines enveloppes leur vaudrait la visite de la police.

RG et  "outrage au chef de l'Etat" ?

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Henri Carton affirme avoir reçu il y a deux semaines la visite de policiers, qui selon lui appartenaient aux "renseignements généraux", munis d'un document où étaient surlignés les mots "outrage au chef de l'Etat". Il assure qu'une plainte a été déposée par l'Elysée contre son association.

Mais l'Elysée a catégoriquement démenti lundi soir tout dépôt de plainte dans cette affaire. "Le courrier adressé au président ne présente aucun caractère offensant et ne fait qu’exprimer l’inquiétude de ses auteurs sur la question des retraites agricoles", écrit la présidence.

Pas de plainte mais des auditions

Le parquet de Paris a néanmoins ordonné des auditions pour "entendre les explications et motivations des personnes concernées". "Une procédure courante", selon le site francetvinfo. Henri Carton a ainsi été entendu lundi pendant une heure et demi au commissariat de Laon. D'autres agriculteurs doivent eux-aussi être interrogés par les policiers.