L'électricité, grande perdante des soirées électorales

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L'électricité, grande perdante des soirées électorales
Près de 18 millions de personnes ont regardé le débat d'entre-deux tours le 2 mai.@ Maxppp
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RTE a noté une chute de la consommation électrique lors des annonces des résultats présidentiels.

La consommation d'électricité française a chuté durant les soirées électorales, la faute aux millions de personnes qui ont mis leur routine entre parenthèses pour suivre à la télévision les résultats des deux tours et le débat Sarkozy/Hollande, a-t-on appris jeudi auprès de RTE.

"Lors des trois dates clés de l'élection présidentielle, on a observé un décrochage de la consommation d'électricité, à partir de 19h30-19h45 soit un peu avant les résultats des deux tours, et à partir de 20h30-20h40 avant le débat", a expliqué Jean-Paul Roubin, responsable du dispatching national de RTE, filiale d'EDF qui gère le réseau national de lignes à haute tension.

Une parenthèse dans les activités

Le dispatching, sorte de "tour de contrôle" du système électrique national, veille à maintenir en permanence l'équilibre entre la demande et la production d'électricité, ce qui nécessite de scruter les variations de la consommation de courant en temps réel. "Selon les périodes, la baisse de la consommation par rapport à ce qu'elle aurait été une soirée normale a été d'environ 1000 à 1.500 mégawatts, ce qui représente à peu près l'équivalent de la consommation d'une ville comme Marseille et de son agglomération", ou encore de la production d'un à un et demi réacteur nucléaire.

Selon Jean-Paul Roubin, "les consommateurs se sont sans doute organisés différemment afin d'être présents devant leur téléviseur", en anticipant ou en différant la préparation de leur repas, ou encore en se contentant d'un repas froid (sans utilisation d'appareils de cuisson), et ont décalé l'usage de gros appareils électroménagers type lave-linge. Autre explication, les soirées électorales ont encouragé "le regroupement soit en famille soit entre amis, devant le même écran", avance Jean-Paul Roubin, un comportement grégaire qui a réduit les besoins en éclairage et l'usage d'appareils électroniques.