L’Education n'a pas la cote

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L’Education n'a pas la cote
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15% des postes à pourvoir par concours en 2012 n’ont pas trouvé preneur, faute de candidats.

La crise de recrutement dans certaines disciplines fondamentales se confirme à l’Education nationale. Faute de candidats, des postes d'enseignants de collèges et lycées ne seront pas tous pourvus à la rentrée 2012 par concours. Les matières les plus touchées sont les mathématiques, les lettres ou encore l'anglais.

706 postes n’ont pas trouvé preneur

Aux concours du Capes externe, 706 postes sont restés vacants en 2012, soit près de 15% des postes à pourvoir. Les mathématiques manquent cruellement de lauréats : il y a eu 652 admis pour 950 postes offerts, il manque donc 298 lauréats, soit un tiers des postes non pourvus. Idem pour les lettres classiques où le nombre d’admis s’élève à 75 pour 170 postes offerts.

Les autres disciplines déficitaires sont l'anglais, avec 131 postes non pourvus, les lettres modernes et la documentation (52 postes non pourvus), l'allemand (46 postes non pourvus), et l'éducation musicale et chant choral (30 postes non pourvus).

Le niveau demandé est plus élevé

Cette tendance s’était déjà observée en 2011 où 978 places offertes aux Capes externes n'avaient pas été pourvues, essentiellement en mathématiques, lettres classiques, lettres modernes et anglais.

Le manque de candidats tient à plusieurs raisons, dont la réforme de la formation de 2010 ou "masterisation" qui a relevé au master (bac+5) le niveau requis pour être professeur. Or, le vivier d'étudiants en master est beaucoup moins important qu'en licence, où il est supérieur de plus de 300.000 élèves.

L’attractivité du métier en question

Pour les mathématiques, la baisse est plus ancienne et s'explique par un marché du travail qui sollicite davantage les scientifiques. "C'est bien la question de fond de l'attractivité du métier qui est posée. Il est perçu comme anxiogène et difficile. Il est de surcroît mal payé", relève Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa, dans un communiqué.

Le problème "doit être traité dans sa globalité : pré-recrutements indispensables pour faciliter l'accès à l'enseignement pour les étudiants d'origine modeste, parcours de formation véritablement professionnels, modalités d'affectation revues, accompagnement dès l'entrée dans le métier", ajoute Christian Chevalier. Et le syndicaliste de prévenir : "il faudra s'attaquer à la rémunération des enseignants".