L'école s'attaque aux clichés sexistes

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L'école s'attaque aux clichés sexistes
@ D.R.
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La Ligue de l'enseignement a lancé mardi une opération dans 1.400 écoles parisiennes.

"Est-ce que les filles qui n'aiment pas le rose sont quand même des filles ? Et les garçons qui n'aiment pas le foot, sont-ils vraiment des garçons ?" Ces questions posées en page 2 du petit livret distribué mardi dans 1.400 écoles parisiennes sont censées faire réfléchir les enfants sur les clichés sexistes, tenaces dès le plus jeune âge.

Dans les pages suivantes, les enfants sont invités à dire si les différentes activités que font les ours dessinés doivent être effectuées par "Madame Ourse" ou "Monsieur Ours", ou les deux. Les dessins représentent des activités du quotidien : repassage, lecture, peinture, cuisine, vélo, ordinateur… Les réponses des enfants confirment le besoin de distribuer ce fascicule.

"Les madames attendent à la maison"

Sur la première image, un ours avec un fer à repasser, les enfants d'une école du XIXe arrondissement sont formels, "c'est la maman parce que quand elle voit des affaires qui sont sales, elle les repasse, toujours", assure un élève au micro d'Europe 1. "Les dames repassent toujours après la machine", ajoute une autre, sûre d'elle.

"Les dames repassent toujours après la machine" :

Même pour l'ours en vélo, les réponses sont claires. "Je n'ai jamais vu ma mère faire du vélo", commente une fillette. "Les monsieurs, des fois, ils vont chercher le pain et les madames attendent à la maison", précise le même garçonnet que pour le fer à repasser.

"Je n'ai jamais vu ma mère faire du vélo" :

Un combat quotidien avec les enfants

"Très régulièrement il faut remontrer aux enfants qu'il y a des papas qui viennent chercher les enfants à l'école, que des dames conduisent des bus. Mais il ne faut pas croire qu'en une séance d'une heure et demi, c'est plié", annonce Noëlla, l'enseignante.

Cette dernière mène ce combat au quotidien, en évitant d'ailleurs de véhiculer elle-même les clichés, en ne disant pas par exemple "tu es un garçon, tu ne dois pas pleurer", ou en ne laissant pas systématiquement les filles ranger la classe.