L'Arche de Zoé : "ils nous ont trompés"

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L'Arche de Zoé :  "ils nous ont trompés"
Citane Ferrer a porté plainte contre l'ONG en 2008 pour escroquerie@ MAXPPP
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TÉMOIGNAGE E1 - Citane Ferrer devait accueillir deux enfants rapatriés par l'ONG.

Il y a cinq ans, elle avait été particulièrement touchée par l'appel de l'Arche de Zoé visant à sauver des enfants des massacres du Darfour, au Soudan. Avec son mari, Citane Ferrer devait accueillir deux petits orphelins soudanais que l'ONG comptait ramener du Tchad. Elle avait versé dans ce but 2.400 euros à l'organisation caritative. Quand l'affaire a éclaté en octobre 2007, le couple tombe des nues puis porte plainte pour escroquerie.

Dans le procès de l'arche de Zoé, qui s'est ouvert lundi, Citane Ferrer sera assise sur le banc des parties civiles. Elle est revenue sur ce qu'elle qualifie de "manipulation" au micro d'Europe 1 lundi.

"Des techniques de manipulations basiques"

"Le projet initial était d'accueillir un enfant afin de le sauver d'une mort certaine", se souvient aujourd'hui Citane Ferrer, "c'est ce  que nous disait l'ONG sur Internet avec le slogan 'en ce moment, toutes les 5 minutes, un enfant meurt au Darfour' et que nous pouvions en sauver au moins mille". "Ils s'appuyaient sur beaucoup de slogans, en lançant des mots et des phrases fortes du style 'nous avons le soutien de madame (Cécilia) Sarkozy'", explique-t-elle.

"Ils nous ont trompés", confie Citane Ferrer sur Europe 1 :

Citane Ferrer estime que "ce n'est pas possible qu'ils aient été de bonne foi." "Finalement, ils ont utilisé des techniques de manipulations basiques en jouant sur la fibre sensible des gens, en ayant un discours très peu construit", précise-t-elle. "Je pense que ces gens ont abusé de notre humanité et qu'ils nous ont trompés", regrette-t-elle encore.

Dans ce procès qui doit durer jusqu'au 12 décembre, l'ancien président  de l'Arche de Zoé, Eric Breteau, sa compagne, Émilie Lelouch sont poursuivis avec quatre autres membres de l'association pour escroquerie, exercice illégal de l'activité d'intermédiaire à l'adoption et aide à l'entrée et au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France. Ils risquent  jusqu'à dix ans de prison et 750.000 euros d'amende.