"L’angoisse qu’il renverse ou tue quelqu’un"

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"L’angoisse qu’il renverse ou tue quelqu’un"
En 2009, Philippe Vasseur perd sa carte d'identité. Depuis, c'est un cauchemar quotidien pour lui et sa compagne.@ MaxPPP
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Un habitant de Tourcoing est victime d'une usurpation d'identité depuis deux ans, après avoir perdu sa carte d’identité.

Tout commence en 2009. Alors que Laurent Vasseur, magasinier de 35 ans travaillant en Belgique, va ouvrir une ligne de téléphone, il perd sa carte d’identité. Rien d’effrayant pour cet habitant de Tourcoing qui pense juste avoir égaré ses papiers rapporte La Voix du Nord. Pourtant, un mois plus tard, c’est le début du cauchemar. Laurent Vasseur reçoit une facture de téléphone portable de 500 euros à son nom avec des appels à l’étranger. Vient ensuite une facture envoyée par les finances publiques de Roubaix. Elles lui réclament une somme concernant une société baptisée "World Buisness Club" dont il apprend qu’il est le gérant. Les mésaventures continuent quand Laurent Vasseur reçoit un PV de 180 euros pour un excès de vitesse commis à bord d’une Audi alors qu’il possède une Opel.

"Trois, quatre signatures" différentes

A ce moment-là, Laurent Vasseur et sa compagne, Audrey, prennent conscience de la gravité du problème. "Quand on voit sa carte d’identité dans un dossier de commerce, ça fait un choc. Dans les documents qu’on a récupérés, on voit qu’effectivement, il y a sa carte d’identité photocopiée. Il y a trois, quatre signatures Vasseur. Il n’y en a pas une qui correspond (à celle de Laurent – ndlr). Je pense que ce monsieur a également réussit à aller chercher un acte de naissance puisqu’il a réussi à mettre les noms des parents de mon conjoint", explique Audrey à Europe 1. 

Dernière mésaventure en date, sa couverture médicale. Lors d’un passage à l’hôpital pour une double fracture tibia/péroné, Laurent Vasseur a appris qu’il était affilié au RSI (Régime Sociale des Indépendants).  Il est en effet considéré pour l’administration comme gérant de société et doit donc s’acquitter de 1.000€ rien que pour la chambre. L’hôpital lui a laissé un mois pour régler la facture.

"Je pense qu’on est dans une impasse"

Depuis, Laurent Vasseur et sa compagne tentent de mettre un point final à cette usurpation d’identité mais sans succès. Depuis des mois, ils vont de commissariat en commissariat où on leur a expliqué que ce genre d’enquête est très compliquée. "Je pense qu’on est dans une impasse tant que le gars aura sa carte d’identité", juge Audrey.

Malgré la complexité du dossier, Laurent Vasseur et sa compagne ont déposé plusieurs plaintes mais ils ne se sentent pas vraiment soutenu. "J'ai appelé le commissariat de Comines qui m'a dit qu'il fallait voir avec Halluin, qui m'a redirigé vers Tourcoing où mon dossier restait introuvable" explique Laurent Vasseur.

Mais ce qui provoque le plus d’angoisse pour le couple, c’est que celui qui a usurpé l’identité de Laurent "renverse ou tue quelqu’un". "Ça retomberait obligatoirement sur mon conjoint. On a l’impression qu’il n’y a pas d’issue", conclu Audrey, dépitée.