L'alpiniste Maurice Herzog est mort

Il avait été le premier alpiniste à gravir l'Annapurna. Maurice Herzog est mort à 93 ans.

Selon des informations de Paris Match, l'alpiniste Maurice Herzog est mort vendredi à l'âge de 93 ans, dans une maison de repos de Neuilly. Il fut le premier homme à avoir gravi un sommet de 8.000 mètres dans la chaîne de l'Himalaya, l'Annapurna. Il a également embrassé une carrière politique et a été maire de Chamonix par la suite (1968-1977).

Le premier à gravir les 8.000 mètres

Le 3 juin 1950, Maurice Herzog hisse le drapeau français au sommet de l'Anapurna (8.091 mètres). Parti avec Louis Lachenal et une expédition de sept autres personnes, il aura payé le prix fort pour cet exploit. Après une descente dramatique, il terminera avec les orteils et les doigts gelés. Mais Maurice Herzog a toujours gardé un souvenir ému de cette ascension qu'il racontera à plusieurs reprises.


Pour mieux comprendre la portée de cet exploit, il faut bien garder à l'esprit qu'à l'époque, Maurice Herzog n'avait pas d'oxygène pour la fin de ascension et progressait sans cartes. Dans la France de l'après-guerre, qui sortait de grandes souffrances, "notre exploit devait être celui de la nation, nous grimpions avec au cœur la pensée du pays et de toute la jeunesse que nous représentions", disait-il. Dix ans plus tard, tous les sommets de plus de 8.000 mètres seraient gravis.

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A son retour, Maurice Herzog est reçu par le président Vincent Auriol. Avec son physique d'acteur américain, l'alpiniste connaît un grand succès. Connu dans le monde entier, il raconte ses exploits dans un "Annapurna, premier 8000" (éditions Arthaud, 1951), vendu à une douzaine de millions d'exemplaires et traduit en 40 langues.

Une image ternie et une ascension remise en question

Après l'Annapurna, Herzog se tourne progressivement vers la politique. Gaulliste, il devient en 1958 Haut-commissaire à la Jeunesse et aux sports puis secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux sports, cinq ans plus tard. Membre du Conseil économique et social de 1966 à 1971, il est ensuite député UDR puis RPR de la Haute-Savoie, de 1967 à 1978, et maire de Chamonix, de 1968 à 1977. Depuis 1995, il était membre honoraire du Comité international olympique (CIO).

Mais la légende Herzog a été remise en question à plusieurs reprises. Son compagnon de cordée, Louis Lachenal, a notamment expliqué dans un livre ("Carnets du vertige") avoir "agi en guide" et poursuivi l'ascension au-delà de ses limites parce qu'il était persuadé que Maurice Herzog, décidé à atteindre le sommet, ne reviendrait pas vivant s'il partait seul. Cette année, c'est sa fille, Félicité, qui a émis à son tour quelques doutes, traitant son père de menteur et d'"hémiplégique de la pensée".