L’affaire Bissonnet, acte III

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L’affaire Bissonnet, acte III
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Le mari, le jardinier et l'aristocrate sont jugés en appel devant la cour d’assises de l’Aude.

Les trois protagonistes de l'affaire Bissonnet se sont retrouvés lundi devant les assises de l'Aude, à Carcassonne. Jean-Michel Bissonnet est accusé d’avoir fait tuer son épouse, Bernadette, par son jardinier, de deux coups de fusil dans leur propriété cossue située près de Montpellier. Le notable aurait agi avec la complicité du vicomte Amaury d’Harcourt, accusé d’avoir caché l’arme du crime.

C'est la troisième fois que les trois hommes se retrouvent devant un jury populaire. Un premier procès devant les assises de l'Hérault, en octobre 2010, avait été interrompu à cause d'un des innombrables rebondissements dans cette affaire digne d’un roman policier. Lors du deuxième procès, en janvier 2011, Jean-Michel Bissonnet avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle, Méziane Belkacem à 20 ans de réclusion, Amaury d'Harcourt, à huit ans de prison.

Bissonnet serait métamorphosé

Ces deux procès ont été marqués par les rebondissements dus à la personnalité de Jean-Michel Bissonnet, caractère imprévisible oscillant entre invectives et sanglots, mais niant toujours être l'instigateur du meurtre de son épouse Bernadette. Pour ce troisième procès, la défense de Jean-Michel Bissonnet assure qu'il revient métamorphoser devant les juges. Cette fois, celui qui avait fini par devenir "le pire des avocats généraux contre lui-même" saura faire preuve de "calme" pour se défendre pied à pied "avec les armes de l'intelligence et de la réflexion, pas simplement celles de la rébellion", selon l’un de ses avocats, Me Edouard Martial.

Les faits remontent au 11 mars 2008. Le jardinier du couple, Meziane Belkacem, a reconnu avoir tiré sur Bernadette Bissonnet. Il affirme avoir agi à la demande de son patron, Jean-Michel Bissonnet, en échange de 30.000 euros. Depuis le début de l’affaire, deux versions s'affrontent. Celle de la culpabilité de Jean-Michel Bissonnet, défendue par le jardinier du couple, Meziane Belkacem, et du vicomte Amaury d'Harcourt. Ce dernier soutient que Jean-Michel Bissonnet a fait tuer son épouse, comme il le projetait depuis plusieurs années, et avoue qu'il a lui-même fait disparaître l'arme du crime, par amitié. De son côté, Jean-Michel Bissonnet clame lui son innocence, et affirme que le vicomte Amaury d’Harcourt serait de mèche avec le jardinier.