L’affaire Bissonnet, acte II

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L’affaire Bissonnet, acte II
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Le mari, le jardinier et l'aristocrate sont depuis lundi devant la cour d’assises de l’Hérault.

Le procès Bissonnet a repris lundi après-midi devant les assises de l’Hérault. Dans cette affaire, Jean-Michel Bissonnet est accusé d’avoir fait tuer son épouse, Bernadette, par son jardinier, de deux coups de fusil dans leur propriété cossue située près de Montpellier. Le notable aurait agi avec la complicité du vicomte Amaury d’Harcourt, accusé d’avoir caché l’arme du crime.

Fait exceptionnel, le procès, commencé en septembre dernier, avait été brutalement interrompu, le 1er octobre dernier, après un incroyable rebondissement. Les deux avocats de Jean-Michel Bissonnet avaient lâché leur client. Des documents montrant que l’accusé avait tenté de suborner un témoin avaient en effet été transmis au parquet, entraînant le renvoi du procès au 10 janvier.

Digne d’un roman policier

Les faits remontent au 11 mars 2008. Le jardinier du couple, Meziane Belkacem, a reconnu avoir tiré sur Bernadette Bissonnet. Il affirme avoir agi à la demande de son patron, Jean-Michel Bissonnet, en échange de 30.000 euros. "Il (ndlr Jean-Michel Bissonnet) pensait avoir des moyens de pression sur le jardinier, pouvoir le contrôler", affirme aujourd’hui Amaury d’Harcourt, qui semble confirmer la thèse du jardinier.

Un crime, deux versions

Depuis le début de l’affaire, deux versions s'affrontent. Celle du jardinier du couple, Meziane Belkacem, et du vicomte Amaury d'Harcourt. Ce dernier soutient que Jean-Michel Bissonnet a fait tuer son épouse, comme il le projetait depuis plusieurs années, et avoue qu'il a lui-même fait disparaître l'arme du crime, par amitié.

Jean-Michel Bissonnet clame lui son innocence, et affirme que le vicomte Amaury d’Harcourt serait de mèche avec le jardinier. "Je ne connaissais pas le jardinier. On ne peut pas monter un complot avec quelqu'un qu’on ne connaît pas", assure de son côté l’aristocrate.

Les protagonistes de l’affaire

Jean-Michel Bissonnet, le mari. Pour l’accusation, le coup du théâtre du dernier procès a révélé la personnalité manipulatrice de Jean-Michel Bissonnet. Même son avocat avait renoncé à défendre son client, estimant que "la confiance était rompue". Aujourd’hui, le notable joue la carte de la victime et s’est constitué partie civile. Une stratégie grotesque de "veuf éploré", dénoncent les avocats des deux autres accusés, le vicomte Amaury d’Harcourt et le jardinier du couple, Meziane Belkacem.

Le fils de Jean-Michel Bissonnet, Florent Bissonnet, continue à soutenir son père, coûte que coûte. "Je veux savoir qui a fait tuer ma mère et je suis persuadé que ce n’est pas mon père. Pour moi, il est innocent. Sinon, je ne me battrai pas pour lui", confie t-il.

"Mon père est innocent" :

Amaury d’Harcourt, l’aristocrate. Quelques jours avant l’ouverture du procès, le vicomte a décidé de sortir de son silence et a accablé son vieil ami Jean-Michel Bissonnet. "C’est lui qui m’a fait venir, c’est lui qui m’a appelé au téléphone, c’est lui qui m’a dit 'je sors de l’hôpital, je voudrais te voir'. Il m’a entièrement manipulé. Je trouve ça terrible, dégueulasse, il avait tout organisé", a confié en exclusivité à Europe 1 le vicomte, qui a reconnu avoir caché l’arme du crime.

"Il m’a manipulé" :

Meziane Belkacem, le jardinier. Il assure avoir agi sur ordre de Jean-Michel Bissonnet. Le scénario aurait même été parfaitement orchestré, selon l’avocate du jardinier. Quelques heures avant le meurtre, les trois protagonistes se seraient retrouvés dans le garage des Bissonnet et auraient fait une séance de maniement d’armes pour que Meziane Belkacem, novice en la matière, puisse s’entraîner.