Kerviel vs Société Générale : l'acte 2 reporté

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Kerviel vs Société Générale : l'acte 2 reporté
@ Max PPP
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Sa demande d'expertise a été considéré comme illégitime par les prud'hommes. Rendez-vous en 2014.

L'acte II de l'affaire Kerviel est finalement reportée. Le conseil des prud'hommes a rejeté, jeudi, la demande d'expertise formulée par l'ancien trader et visant la Société générale. Jérôme Kerviel entendait contester la qualification de faute lourde retenue comme motif de son licenciement. Pour rappel, l'ancien trader avait été licencié en 2008, consécutivement à la perte de 4,9 milliards d’euros pour des prises de positions risquées sur des marchés spéculatifs à l'insu de sa hiérarchie.

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Un nouveau rendez-vous en 2014. La prochaine audience de jugement est fixée au 24 mars 2014. Avant l'audience du 24 mars 2014, Jérôme Kerviel pourra de nouveau formuler une demande motivée d'expertise devant le bureau de jugement. Une nouvelle qui devrait satisfaire la Société générale qui avait demandé un renvoi de l'audience, faute d'avoir eu le temps d'étudier des demandes qui lui ont été transmises "tardivement" par les conseils de Jérôme Kerviel.

"Je suis dégoûté". De son côté, le conseil des prud'hommes a estimé jeudi que le fondement de ces demandes d'expertise était illégitime, a indiqué l'un des conseils de la Société Générale, Me Arnaud Chaulet. "Je suis déçu", a commenté Jérôme Kerviel à la sortie de l'audience qui espérait que la "faute lourde" e soit plus retenue comme motif de licenciement. "J'aurais bien aimé pouvoir avoir cette expertise pour sortir de ce calvaire, parce que je commence vraiment à en avoir marre. Je suis dégoûté", a-t-il confié. "Je sais qu'il n'y a eu aucune perte, il n'y a jamais eu de perte de cinq milliards d'euros à la Société Générale", a martelé, avant l'audience, l'ancien trader, licencié en 2008 pour faute lourde et actuellement sans emploi.

"Votre soutien me fait chaud au cœur". Jérôme Kerviel et Jean-Luc Mélenchon se sont retrouvés devant le bâtiment avant l'audience de la juridiction sociale. Les deux hommes se sont chaleureusement salués avant d'entamer une discussion devant une forêt de micros et de caméras provoquant une bousculade. "C'est un cas exemplaire de la façon dont la finance joue avec la vie des gens", a déclaré l'ancien candidat à l'élection présidentielle, venu avec plusieurs militants du Parti de gauche. Un soutien qu'a tenu à saluer Jérôme Kerviel. "Votre soutien me fait chaud au cœur, merci infiniment", a lancé Jérôme Kerviel, muni d'un micro, aux personnes présentes pour le soutenir, essentiellement des militants du Parti de gauche. En apprenant que l'expertise était refusée les militant ont alors crié : "Justice pour Kerviel ! Justice pour Kerviel !".

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"Qu'est-ce qui gêne la Société Générale?" Pour la défense de Jérôme Kerviel, cette demande d'expertise était essentielle car elle devait permettre d'apporter de nouveaux éléments sur la perte enregistrée par Société Générale, en janvier 2008. "Vous êtes dans un dispositif qui est très clair : un citoyen français, condamné à cinq milliards d'euros de dommages et intérêts sans la moindre expertise", a regretté Me Koubbi. " Qu'est-ce qui gêne la Société Générale? Que des experts indépendants d'elle-même viennent voir ce qu'il y a dans ses comptes pour éclairer le débat", selon l'avocat. "C'est accordé à une personne dont la maison brûle ou la voiture tombe en panne", a soutenu Me Koubbi.

D'autres rendez-vous avec la justice. Déterminé à obtenir réparation, Jérôme Kerviel multiplie les actions en justice. Après les deux précédents rendez-vous judiciaires, remportés par la banque, Jérôme Kerveil s'est en effet pourvu en cassation. Il a été laissé libre dans l'attente de l'examen de ce pourvoi qui pourrait avoir lieu à l'automne. Outre cette action devant la cour de cassation, la défense de Jérôme Kerviel a ouvert, mi-juin, un troisième front judiciaire en déposant plainte pour "faux et usage de faux" contre Société Générale. Cette action est en lien avec les enregistrements réalisés lors des entretiens entre l'ancien trader et sa hiérarchie immédiatement après la découverte de sa situation.